25 juillet : Une journée pour la solidarité antifasciste internationale

Depuis maintenant onze ans, des collectifs antifascistes se mobilisent chaque 25 juillet pour populariser le soutien aux militants et militantes incarcérées à travers le monde. Car si la répression s’accroît en France, participer à des actions antifascistes ou juste simplement s’en revendiquer peut valoir la prison dans de nombreux pays. Bien que nous affrontons les dissolutions et la criminalisation croissante, soutenir nos camarades et tisser des liens internationaux est un acte nécessaire.
À l’origine en 2014, cette journée a été créée pour soutenir Jock Palfreeman. Jock est un antifasciste australien, qui, lors d’une visite en Bulgarie en 2007, a vu deux enfants Rroms se faire agresser par des hooligans racistes. En les défendant, il a blessé deux des agresseurs. L’État bulgare l’a condamné à vingt ans de prison [1].
À la suite d’une première action réussie, le réseau « Antifa international » s’est structuré et a étendu la journée du 25 juillet à la solidarité à toutes et tous les antifascistes emprisonnés ou poursuivis pour leurs actions. Un grand nombre de camarades ont pu être soutenues année après année et leur situation popularisée par ce biais. En parallèle de la journée d’action, un fonds d’aide antifasciste international permet de récolter de l’argent toute l’année pour apporter une aide matérielle aux antifascistes poursuivies. En 2024-2025, ce sont ainsi 52 antifascistes qui ont pu être soutenues. Depuis la création du fonds, ce sont près de 800 militantes et militants qui ont été aidés [2].
Élargir l’horizon de notre solidarité
Cette année encore, une liste recensant les emprisonnées revendiquées antifascistes est disponible sur le site dédié [3]. On y trouve en France le cas de Gino, incarcéré et en attente d’extradition vers la Hongrie où il est accusé, avec d’autres, d’avoir empêché une manifestation néo-nazie. À ses côtés, plusieurs autres personnes : antifas biélorusses, dont la plupart sont condamnés pour s’être mobilisés contre la dictature de Loukaschenko en 2020 [4], militants et militantes des États-Unis, accusées de « conspiration antifasciste » pour s’être opposées à des supporters de Trump, militantes et militants russes torturés à la suite d’une conspiration pour les arrêter, et aussi des militants et militantes d’Allemagne, d’Italie… toutes et tous condamnés pour activisme contre l’extrême droite ou pour leurs opinions antifascistes.
La liste est évidemment incomplète. Elle dépend de qui se rattache au réseau et se limite aux cas de militants ou militantes condamnées pour « antifascisme ». Dans les pays déjà cités, élargir la liste aux camarades révolutionnaires dont les convictions antifascistes ne font aucun doute la rallongerait d’emblée : on songe aux cas emblématiques de Mumia-Abu Jamal ou encore de Leonard Peltier aux États-Unis. En Russie, les camarades anarchistes et révolutionnaires enfermées dans les colonies pénitentiaires se compte par centaines, tout comme en Biélorussie. En France, George Ibrahim Abdallah est toujours en prison, tandis que les condamnations à motivations politiques contre toutes les résistances se succèdent [5].
S’approprier l’initiative et la renforcer
On pourrait objecter qu’elle dépasse peu le monde occidental par ailleurs. En Turquie, des milliers de militantes et militants de la gauche kurde ou des mouvements révolutionnaires turcs sont emprisonnés. Il en est de même en Israël avec les militantes et militants palestiniens. Et au-delà, les situations de nos camarades dans différents pays d’Asie comme d’Afrique mériteraient d’être soutenues et leur situation popularisée [6].
Le 25 Juillet a au moins le mérite d’exister et de tenter de structurer à une échelle mondiale des initiatives de solidarité qui renforcent notre camp et nos liens au travers des frontières. Dans ces temps où l’extrême droite arrive ou s’est installée au pouvoir dans de nombreux pays d’Europe, où les régimes autoritaires à tendance fasciste se renforcent, nos camarades ne peuvent compter que sur nous et inversement. Nous avons besoin d’une structuration plus forte de la solidarité internationale, pour faire vivre notre idéal anti-autoritaire, antiraciste et anti-impérialiste. Commencer par une action de soutien le 25 juillet prochain pourrait en être une première étape.
Hugues (UCL Fougères)






