6e Congrès : La FSU bientôt logée à Montreuil ?

Version imprimable de cet article Version imprimable


Du 1er au 5 février 2010, la Fédération syndicale unitaire tiendra son 6e congrès à Lille. Elle devra s’expliquer sur les échecs de ces trois dernières années, que ce soit dans les mobilisations ou dans sa stratégie de confédéralisation. Une porte de sortie se dessine : l’union avec la CGT.

La lutte contre la destruction du service public a révélé les faiblesses de la FSU, incapable de faire des choix tactiques et de défendre une orientation commune à tous ses syndicats. La lutte de l’Enseignement supérieur contre la mastérisation – c’est-à-dire le recrutement des enseignants au niveau bac +5 au lieu de bac +3 – a illustré un certain corporatisme qui marque encore la FSU.

Alors que le SNESup (enseignement supérieur) participait à la lutte contre la mastérisation, le SNES (enseignement secondaire, 1er syndicat de la FSU) refusait d’y participer au motif qu’elle constitue une revalorisation du métier et, peut-être, une revalorisation des salaires ! Lors du Comité technique paritaire national du 28 mai, la FSU s’est donc abstenue sur la mastérisation - tout comme la CSEN, syndicat de droite. Il a fallu attendre octobre, cinq mois plus tard, pour que le SNES revienne de ses illusions et appelle finalement à la grève mardi 24 novembre « pour la revalorisation de nos salaires et de nos métiers… » !

Une orientation suicidaire

Le rapport d’activité présenté par la tendance majoritaire Unité & Action (U&A), qui dirige la FSU, semble vouloir oublier tous ces désagréments et crédite même la FSU des seules réussites de l’année : « La FSU a recherché l’unité avec les parents et les jeunes tout en jouant son rôle d’impulsion. La mobilisation des personnels a amorcé une mobilisation lycéenne […], ces mobilisations ont imposé au gouvernement de premiers reculs. » [1] Rappelons qu’alors que 150 000 lycéens et lycéennes avaient participé à la manifestation du 18 décembre 2008, la FSU refusait d’appeler nationalement à la grève en décembre. Devant cet aveuglement, les militants et militantes auront le choix :

– soit voter pour les 3 « fenêtres » alternatives à ce rapport, rédigées par la tendance École émancipée (pilotée par le NPA et associée U&A), dont la rédaction alambiquée laisse à peine entrevoir de réelles divergences ;

– voter contre ce rapport et pour le texte de l’une des tendances oppositionnelles, telle Émancipation (composé de syndicalistes révolutionnaires et de libertaires) qui dénonce cette orientation suicidaire discréditant l’action syndicale. [2]

Mais ce congrès risque d’être surtout monopolisé par les enjeux de la recomposition syndicale.

Rapprochement avec la CGT

Depuis son congrès de 2004, la FSU avait impulsé une stratégie de « confédéralisation ». De fédération cantonnée à l’unique secteur de l’Éducation nationale, la FSU avait voulu muter en une véritable confédération interprofessionnelle. Auparavant, sa concurrente, la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) avait mené cette stratégie avec succès, en se transformant en UNSA, aujourd’hui bien positionnée dans la course à la reconnaissance institutionnelle. C’est dans cette logique que ces dernières années, la FSU avait tenté de s’implanter dans de nouveaux secteurs et, en priorité dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière. Mais, hormis à l’ANPE, ces tentatives ont fait long feu. Retour à la case départ donc : la fonction publique d’Etat.

Sans bilan critique, la FSU reconnaît l’échec. Il faut donc une autre solution pour être pleinement reconnue par le gouvernement, alors que la réforme de la représentativité commence à lui mordiller les mollets. Coup de théâtre cette année, donc, quand le congrès du SNES a mandaté la FSU pour un rapprochement avec la CGT. Si ce rapprochement est présenté comme « l’unification du mouvement syndical autour d’une conception d’un syndicalisme de transformation sociale et de lutte » [3], il permettrait surtout de « peser sur des discussions dont elle [la FSU] est aujourd’hui exclue » [4].

Pour l’instant, des initiatives communes émergent (colloques sur la formation professionnelle et sur la petite enfance) ainsi qu’un « un rapport de forces nouveau avec un axe FSU-CGT-Solidaires qui s’est manifesté positivement à plusieurs reprises » au détriment d’une intersyndicale large (intégrant jusqu’à la CFDT), le plus souvent immobile.

Renaud (AL Alsace)


COUP DE GUEULE CGT : ET LES FEMMES ?

À l’aube du 49e congrès, le départ de Maryse Dumas de la direction confédérale va priver la CGT de sa principale représentante féminine. À quand une femme secrétaire générale ? La place des femmes dans le syndicalisme est difficile. Sont-elles des compagnes de luttes ou des concurrentes ? Ennemies ou alliées ?

Et si l’on reprenait le problème à la base ? Pourquoi y a-t-il si peu de femmes dans les syndicats ? Malgré de nombreux débats et les évolutions récentes, les syndicats gardent en effet une culture patriarcale. Ce sont des hommes qui les gèrent et qui y occupent les postes de représentation, qui prennent la parole. Subirions-nous les mêmes problèmes que dans les entreprises ? Problème de temps ? Nos conjoints sont ils prêts à nous seconder dans les tâches ménagères afin de nous rendre aux réunions ? Problèmes financiers ? Beaucoup de femmes subissent la précarité : contrats à durée déterminés, non reconnaissance des acquis, etc. La CGT préconise comme cotisation syndicale 1% du salaire net. « Pas de négociation là-dessus », comme ils disent. Un récent sondage montre qu’il y a une forte syndicalisation chez les femmes travaillant dans le service public, par contre peu dans les secteurs agricoles, le travail à domicile, les commerciales ambulantes, etc.

Christine (AL Argentan)

[1Texte préparatoire du congrès 2010 de la FSU.

[2Texte de la tendance Émancipation pour le congrès 2010 de la FSU.

[3Résolution finale du congrès 2009 du SNES.

[4Texte de la tendance Unité & Action pour le congrès 2010 de la FSU.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut