Campagne 2024 Abolish Frontex

Abolir Frontex, abolir les frontières




Frontex est l’une des pièces maîtresses du dispositif répressif et raciste de l’Union Européenne. Cette agence, devenue un acteur incontournable des politiques migratoires européennes, est responsable de nombreuses violations des droits humains à travers ses opérations aux frontières : refoulements, expulsions, et coopération avec des pays tiers pour renforcer le contrôle migratoire.

Depuis 1993, la politique de la forteresse Europe a causé la mort de plus de 40 000 personnes : noyées en Méditerranée, abattues aux frontières, suicidées dans les centres de détention, ou torturées et tuées après leur expulsion. L’Europe a du sang sur les mains.

Qu’est ce que Frontex ?

Créée en 2004, Frontex est une agence européenne dont le budget a explosé de 7 560 % depuis ses débuts, atteignant 544 millions d’euros en 2021, et prévue pour recevoir 5,6 milliards d’euros sur la période 2021-2027. Frontex, avec son armée de 10 000 gardes-frontières prévue d’ici 2027, s’équipe de drones, hélicoptères et navires, servant les intérêts des industries d’armement et de surveillance. Elle agit également comme « agence de retour », en coordonnant les vols d’expulsions et en faisant pression sur les pays pour réadmettre les réfugiées expulsées.

Les politiques migratoires de l’UE sont intrinsèquement racistes et néocoloniales. Elles s’inscrivent dans la continuité des structures de domination capitalistes qui exploitent les ressources et les populations du Sud global, tout en rejetant celles et ceux qui fuient la misère, les guerres et les crises climatiques. L’Europe, qui a largement contribué à ces désastres par ses interventions militaires, son pillage des ressources naturelles et ses responsabilités dans le réchauffement climatique, refuse aujourd’hui d’accueillir les victimes de son propre système.

Notre perspective : une analyse communiste libertaire

Les politiques migratoires de l’UE sont des outils au service du capitalisme. Les frontières sont là pour protéger les bourgeoisies des États européens tout en rejetant celles et ceux qui fuient la misère et les conflits. Frontex cible en particulier les populations du Sud global, notamment en Afrique, et incarne ainsi une continuité du colonialisme par d’autres moyens.

Cette politique de contrôle migratoire repose sur l’hypocrisie. Alors que l’espace Schengen offre une liberté de circulation pour les citoyennes européens, il érige des murs contre les exilées du Sud. L’UE prétend défendre la « préservation du mode de vie européen », une expression qui masque une volonté de maintenir une Europe blanche et excluante.

Le capitalisme n’a pas seulement « globalisé » le monde, il a imposé par la force ses logiques d’exploitation à l’ensemble de la planète. Les frontières servent à diviser les exploitées et à créer des classes de travailleurs sans droits, précarisés et vulnérables. Nous militons pour l’abolition des frontières, car elles ne font qu’alimenter la violence étatique et la domination capitaliste.

Les femmes, les personnes LGBTI, et les groupes minorisés sont elles aussi affectées directement par ces politiques migratoires. Celles et ceux qui fuient les persécutions liées à leur genre ou leur orientation sexuelle sont refoulées aux portes de l’Europe, comme le dénonçaient le mot d’ordre de l’Existransinter 2023 contre la loi Darmanin. Ces exilées, souvent victimes de violences dans leur pays, se voient refuser une protection et sont renvoyées vers des dangers certains.

Notre lutte ne s’arrête pas aux frontières. Nous préconisons une solidarité internationale entre les travailleurs et travailleuses de tous les pays, entre les peuples, et un soutien aux luttes féministes, LGBTI, et écologistes. Il est urgent de construire un mouvement internationaliste qui s’oppose aux impérialismes, au racisme et à l’exploitation économique, pour un monde où chacune peut circuler et s’installer librement.

Face à ce constat, il est temps de se mobiliser pour démanteler Frontex et ce qu’elle représente. Nous revendiquons :

→ L’abolition de Frontex et de ses opérations meurtrières.

→ La régularisation des personnes en migration.

→ L’arrêt des expulsions et la fermeture des centres de rétention.

→ La fin de la militarisation des frontières et du complexe militaro-industriel.

→ L’arrêt de la surveillance des personnes en déplacement.

→ La liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous.

→ Un monde fondé sur la solidarité et l’égalité, où chacune est libre de vivre et de se déplacer sans oppression ni exploitation.

Nasham (UCL Montreuil), le 04/10/2024

 
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