Anti-colonialisme : La lutte pour la Palestine se joue aussi dans le sport

On a pu voir ces derniers mois de nombreuses manifestations de soutien au peuple palestinien dans les compétitions sportives. Une façon de faire entendre des voix qui sont trop souvent silenciées ailleurs.
La lutte contre le génocide des Palestiniens et Palestiniennes à Gaza a lieu principalement via des actions concrètes de grèves, de manifestations, de blocages d’envois d’armes comme à Marseille ou en Italie, ou encore la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) contre Israël. Elle a aussi lieu dans un secteur qui semble au premier abord plus futile : le sport.
En effet, depuis des années, mais avec une forte accentuation depuis 2023, le sport est devenu un enjeu important autant pour la lutte contre le génocide qu’à des fins de propagande pour Israël. Le sport est politique, il l’a toujours été [1], et son instrumentalisation est inhérente à son existence même. Il n’est donc pas surprenant que ce soit aussi l’un des terrains de lutte.
Alors que les équipes et athlètes russes ne peuvent plus concourir sous le drapeau russe ou sont bannies de quasiment toutes les compétitions sportives officielles mondiales dès 2022, après le début de la guerre en Ukraine, Israël et ses athlètes n’ont pas eu droit au même traitement. Il a fallu attendre 2025 pour que la FIFA et l’UEFA, qui dirigent respectivement le football mondial et européen, commencent à se saisir de la question et continuent encore à repousser un vote. Même l’assassinat par l’Armée israélienne du « Pelé palestinien », Suleiman Obeid, alors qu’il attendait de l’aide humanitaire, ne changera rien. Les institutions sportives refusent pour l’instant de bannir Israël, pourtant en train d’effectuer un génocide sous nos yeux. Ce serait pourtant le minimum.
Du côté d’Israël, le sport est un moyen puissant de propagande. Ses athlètes réaffirment continuellement leur soutien au pays et participent à lui donner une meilleure image. Les supporters israéliens utilisent les stades pour lancer des chants anti-palestiniens, agresser des personnes musulmanes ou arracher tout drapeau ou symbole palestinien dans les villes où ils se déplacent. C’est ainsi que des affrontements à Amsterdam ont eu lieu en novembre 2024 avec des supporters du Maccabi Tel Aviv après des comportements violents, dont des agressions, de ces derniers. Israël et ses alliés ont immédiatement voulu faire passer la riposte comme antisémite, loin de la réalité des faits. En octobre 2025, ces mêmes supporters ont été interdit de venir à Birmingham pour un autre match. Les fausses accusations d’antisémitisme ont repris, déclenchant même un soutien au club israélien du Premier ministre britannique Keir Starmer, dénonçant ses propres autorités.
Pour autant, la lutte continue. Et le monde du sport est aussi investi par les militants et militantes pro-palestiniennes. La dernière étape de la Vuelta 2025 en Espagne [2] a été annulée suite à des manifestations monstres contre la présence d’une équipe cycliste israélienne. En Italie, chaque match de l’équipe nationale de football a entraîné des boycotts et des manifestations. Et en France, le match France-Israël a abouti à la plus faible affluence de tous les temps au stade de France [3]. Les initiatives se multiplient pour repousser la propagande israélienne sur ce terrain et appeler à la fin du génocide. La mobilisation doit continuer à tous les niveaux, et le sport ne doit pas être en reste, pour éviter d’être hors-jeu.
Sano (UCL Marseille)






