Pleins feux

Austérité et licenciements,s’organiser contre l’offensive capitaliste




Avec ou sans complaisance des partis de gauche nous savons déjà que François Bayrou va poursuivre la même politique libérale en faveur des capitalistes et des actionnaires : « en même temps » austérité et fermetures d’entreprises. À la population de se mobiliser face au chômage, à la destruction des services publics et des protections sociales. Profitons de l’instabilité parlementaire pour retrouver le chemin des grèves sous peine de nouvelles défaites majeures.

Bayrou cultive l’image d’un modéré gérant « en bon père de famille » les finances publiques. Macroniste de la première heure, il compte sur cette image pour faire avaler plus facilement la potion austéritaire que réclame la bourgeoisie pour achever la destruction des services publics et permettre aux capitaux privés d’investir enfin pleinement ces marchés potentiels que sont l’éducation, la santé, les retraites… Après avoir créé la dette en effondrant les recettes par la baisse ­d’impôts et de cotisations sociales patronales, de cadeaux massifs aux capitalistes sans contrepartie ni contrôle [1] les politiciens au service des plus riches nous apportent l’addition !

Il ne faut pas que le retour de plans sociaux massifs nous fasse oublier la mise au chômage de dizaines de milliers de contractuelles de la fonction publique et de salariées du monde associatif comme le chômage forcé pour les travailleurs et travailleuses précaires du privé : intérimaires, CDD… Mais les capacités collectives à résister se joueront dans les grands groupes du commerce et de l’industrie. La CGT, en organisant la journée de mobilisation du 12 décembre, a fait connaître largement ces chiffres énormes : 300 plans de licenciements collectifs sur un an et plus de 200 000 emplois détruits. L’unité à géométrie variable réalisée localement autour des entreprises concernées ce 12 décembre est porteuse d’espoir.

Nos bourgeois ont du talent

Les impérialismes dominants, chinois et américains, relancent un cycle d’affrontement et les bourgeoisies européennes paraissent parfois démunies. Pourtant la fraction la plus riche de nos bourgeoisies caracole toujours aux sommets des classements indécents des magazines économiques où les plus riches des français sont les plus riches d’Europe. Mais voilà ils se sont concentrés sur quelques créneaux à très haut rendement, abandonnant délibérément les branches aux rendements plus modestes. Luxe, tourisme, banque et assurance, certains segments agricoles, transports maritimes, pétrole et gaz. Dans l’automobile et les transports la délocalisation massive des usines d’assemblage des modèles fait le bonheur des actionnaires au détriment des prolétaires de toute la filière métallurgique. Ainsi les fameuses promesses de réindustrialiser la France, dont il faudrait jauger les pertinences écologiques, se heurtent à la disparition des maillons indispensables à l’existence ­d’une branche industrielle. Nos bourgeois européens refusent d’investir ici mais ils sont les premiers investisseurs étrangers aux USA ! Ce ne sont pas les capitaux qui manquent… mais ils font le choix d’une rentabilité maximum pour les actionnaires en combinant délocalisation des outils de production et optimisation fiscale.

Remettre du politique dans les licenciements

Depuis les années 70 nous savons d’expérience combien les luttes contre les fermetures d’entreprises et les plans de licenciements massifs sont traversés de contradictions : faut-il accepter de baisser les acquis (ça finit toujours mal avec un chômage calculé sur des salaires diminués...) ? Faut-il chercher la plus grosse prime de licenciements ? Des plans sérieux de formations ? Des départs en pré-retraite ? Une poursuite d’activité sur un périmètre réduit ? Chaque situation est différente et aucune recette facile n’existe d’autant qu’il est très rare que le rapport de force permette d’engranger tout à la fois. Même la coordination des entreprises en lutte est difficile du fait parfois des tensions politiques entre les équipes syndicales, mais aussi du tempo particulier de chaque plan patronal. Néanmoins ces convergences, toujours spectaculaires, comme par exemple une Marche nationale sur Paris, ont le mérite de donner un sens politique anticapitaliste aux mobilisations qui sinon ne dépassent guère le plan immédiatement revendicatif.

Ne pas se disperser

Au delà des luttes contre la fermeture et l’amélioration des plans sociaux, nous devons mettre en avant des revendications politiques fortes comme le contrôle des aides publiques par les salariées et leur remboursement en cas de licenciements, le blocage des dividendes aux actionnaires licencieurs, une assurance chômage à la hauteur des besoins, un droit de véto des salariées sur les licenciements collectifs, la réduction du temps de travail sans réduction des salaires ni « flexibilité » avec embauches équivalentes. Il faut le même haut niveau d’exigence pour la restauration et l’élargissement des services publiques et du statut des fonctionnaires. Pour le retour à une gestion populaire de la protection sociale basée sur les cotisations salariales et patronales. Bref des revendications qui peuvent unir l’ensemble des salariées pour aller grignoter un peu du pouvoir patronal et préparer la grève générale expropriatrice en armant les travailleurs et travailleuses d’un programme de rupture. Car la combativité isolée dans une entreprise touchée par les plans finit toujours d’une manière identique : même avec de vraies compensations arrachées, c’est la dispersion des combattantes et la perte des forces organisées. C’est pourquoi par des mots d’ordre audacieux il nous faut réussir à mettre en marche toute la classe, y compris les secteurs encore relativement épargnés par les attaques du capital.

Jean-Yves (UCL Limousin)


Coordination des boites en lutte  !

À l’initiative du NPA-l’Anticapitaliste, des organisations politiques de gauche tentent de se fédérer pour des initiatives communes. Les égos politiciens en freinent la concrétisation mais un communiqué commun vient de sortir. Il récapitule la démarche et appelle à son élargissement lors de la prochaine réunion unitaire le 9 janvier. L’UCL est signataire.  [2]

Meetings, concerts de soutien, Marches pour l’emploi... Tant qu’elles ne sont pas des moyens détournés pour faire la promo des partis politiques, l’UCL est disponible pour s’associer à des initiatives unitaires. Son intervention reste cependant prioritairement la construction de coordinations de syndicalistes de terrain telles qu’elles ont pu exister ces dernières décennies à différentes reprises.

[2«  Pour résister face à la vague de licenciements  », communiqué de l’UCL du 19 décembre 2024.

 
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