Edito

Bayrou, roi du silence




112 plaintes, et sûrement bien plus de victimes de violences, d’agressions et de viols. Des chiffres froids qui résument la violence qui règne depuis des décennies au lycée Notre-Dame-de-Bétharram. Malgré ses gesticulations le doute n’est pas permis : le Premier Ministre savait. Il n’a rien dit. Il n’a rien fait.

Et c’est en fait absolument prévisible et banal. Partout les institutions religieuses – et particulièrement en France celles qui dépendent de l’église catholique – sont des lieux de reproduction des violences. Partout la bourgeoisie les laisse agir, et y trouve un lieu parfait pour permettre une reproduction sociale, dans un cadre où les prétentions morales viennent justifier tous les systèmes de dominations.

On l’a entendu ces derniers jours : à Bétharram, on envoyait la mauvaise graine, les gamins dont Elisabeth Bayrou – la femme de François – disait à ses collègues qu’il n’y avait « rien à en tirer » pendant qu’elle fermait les yeux sur leurs passages à tabac. Et ce soutien se retrouve aussi dans les généreux financements publics de ces établissements privés : depuis 2016, le lycée Bétharram touche chaque année 142 000 € de subventions « facultatives » régionales. Et il n’est pas une exception.

Ainsi, le silence passé de Bayrou n’a rien de remarquable. Mais ses esquives n’en sont pas moins insupportables, tant elles portent la marque d’une bourgeoisie sûre du bienfondé de sa position dominante et de son caractère intouchable, même face à des faits qui révèlent au grand jour ses racines les plus immondes.

UCL, 26 février 2025

 
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