Ecologie

Canicule : L’extrême droite brasse de l’air avec la clim’




Pour faire face à la canicule, l’extrême droite dégaine un plan d’action pour la climatisation. Rien de surprenant, l’extrême droite n’a que des solutions qui font le jeu des capitalistes et de la bourgeoisie. Alors que la clim’ ne répond qu’à des besoins individuels, ce sont les intérêts collectifs qui sont encore une fois délaissés.

« Un grand plan pour la climatisation » : c’est le projet de Marine Le Pen pour faire face à la canicule, lancée en plein mois de juin. Sous des apparences séduisantes (oui, on rêve toutes et tous d’un peu de fraîcheur, et oui, l’injustice est grande entre les habitantes de passoires thermiques en immeuble, et les plus riches qui bénéficient d’un jardin et d’une piscine), l’idée est pourtant représentative du projet de l’extrême droite face aux problématiques environnementales.

Rappelons tout d’abord que la climatisation participe au problème qu’elle est censée résoudre. Car si elle apporte du confort thermique en intérieur, elle rejette de la chaleur à l’extérieur, participant ainsi au phénomène des îlots de chaleur urbains. Les climatiseurs fonctionnent également toujours avec des fluides frigorigènes qui sont de puissants gaz à effet de serre, même s’ils ne sont pas censés se retrouver dans l’atmosphère. Surtout, leur utilisation durant les pics de chaleur provoque des tensions sur le réseau électrique, ce qui mène à la mobilisation de centrales à gaz, fortement émettrices.

Des réponses individuelles pour les intérêts capitalistes

De plus, « la clim’ partout » est une solution individuelle qui n’est pas accessible pour tout le monde. Alors que l’adaptation au dérèglement climatique nécessite des aménagements non seulement collectifs, comme des espaces verts pour faire diminuer les températures dans les centres urbains, mais aussi pris en charge pour les plus modestes (isolation des logements).

Elle ne concerne de surcroît que les personnes travaillant en intérieur, et ne constitue aucunement une solution pour les travailleurs et travailleuses du bâtiment, de l’agriculture, ou de celles et ceux effectuant des travaux – souvent pénibles physiquement – en extérieur. Ce sont ces personnes qui sont les plus exposées, parfois de manière fatale. Ainsi, au début de l’été, deux travailleurs du bâtiments âgés de 35 et 51 ans sont morts après des malaises liés à la chaleur sur leur chantier ou sur le chemin du retour.

Enfin, la politique de la clim’ n’aborde la catastrophe écologique que sous l’angle de l’adaptation au dérèglement climatique – et non à son atténuation –, et uniquement face à la multiplication des vagues de chaleur en été. Or, le problème est bien plus vaste : montées des eaux, sécheresses, tempêtes, pertes de récoltes entraînant des risques de pénurie alimentaire, zones rendues inhabitables, bouleversements des écosystèmes et disparitions d’espèces… Pour y faire face, les climatiseurs ne seront d’aucune aide.

Mais qu’importe, puisque l’idée pour le Rassemblement national n’est pas de prendre à bras le corps la question du dérèglement climatique, ce qui nécessiterait de questionner les intérêts capitalistes. Pour l’extrême droite, qui ne peut plus nier la réalité du phénomène, il s’agit désormais de minimiser le sujet, et d’en faire un problème facilement résolu par quelques outils techniques et électriques. Un monde où les riches vivront sous la clim’ quand les pauvres brûleront à l’extérieur ou dans des passoires thermiques, voilà le projet de société du RN pour 2050.

Agrippine (UCL Nantes)

 
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