Cyclone Chido,Mayotte, ravagée par la tempête coloniale

Alors que Mayotte a été lourdement impactée par le cyclone Chido, c’est le colonialisme français qui a pris en main la situation par la répression et le contrôle des populations plutôt que par le déploiement d’aides immédiates et la mise en place de politiques d’adaptabilité. Les phénomènes extrêmes sont accentués par le dérèglement climatique et la gestion néolibérale fonctionne main dans la main avec le racisme pour abandonner les Comoriens et Comoriennes.
La catastrophe provoquée par le passage du cyclone Chido à Mayotte révèle une fois de plus les dynamiques coloniales dans la gestion de ce territoire par l’État français. Cet épisode, marqué par des vents d’une rare violence (226 km/h mesurés) et des pluies diluviennes, a laissé derrière lui des habitations détruites, des infrastructures endommagées et une population livrée à elle-même, illustrant à quel point les moyens mis en place pour anticiper et réagir à ce type de crise sont insuffisants.
Une gestion de crise teintée de colonialisme
La réaction de l’État français face au cyclone Chido perpétue la marginalisation des mahoraises ainsi que le déploiement de politiques coloniales et des violences policières.
Malgré de multiples alertes lancées depuis des années sur la précarité de l’île et le danger qu’encoure la majorité de la population en cas de cyclone, l’État français est resté passif. Il est même resté sourd face aux prévisions météorologiques et aucune préparation n’a été mise en place pour faire face au cyclone. De plus, une fois la tempête passée, les aides d’urgence ont manqué au rendez-vous, la priorité semblait davantage orientée vers le maintien de l’ordre que vers l’assistance à la population. Cela s’illustre à la fois par le couvre-feu instauré à partir du mardi 17 décembre ou encore par les propos de Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur démissionnaire, mettant la responsabilité sur l’immigration.
Mais rien d’étonnant après l’opération Wuambushu d’avril 2023 qui prévoyait 24 000 expulsions : Chido semble être une occasion en or pour l’État français de continuer sur sa lancée.
Une crise environnementale : conséquence du capitalisme
Il est important de rappeler que Mayotte a été séparée des autres îles comoriennes. Ce contexte a fait que plusieurs milliers de Comoriennes se retrouvent dans un statut de « sans-papiers » à Mayotte, vivant sous le seuil de pauvreté dans des bidonvilles. Et c’est précisément cette population réprimée et opprimée qui a été le plus durement touchée et qui a majoritairement péri lors du passage du cyclone.
Le cyclone Chido, conséquence directe de la hausse des températures océaniques liées à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, illustre combien la crise environnementale globale frappe de manière disproportionnée les personnes les plus démunies. Cette situation devrait être un signal d’alarme, non seulement pour revoir la gestion des risques naturels, mais aussi pour accélérer la lutte contre les crises environnementales. D’autant plus que le cyclone Chido n’est pas un épisode isolé : nous nous dirigeons vers un monde où ces catastrophes vont être de plus en plus intenses et fréquentes.
Ce scénario rappelle celui de l’ouragan Katarina, qui a ravagé la Nouvelle Orléans en 2005, détruisant les quartiers les plus précaires et causant près de 2 000 décès. En réponse à cette catastrophe et face aux défaillances de l’État, la classe bourgeoise a privatisé l’éducation et la santé tout en piétinant le droit du travail. Restons sur nos gardes face à tout risque de dérive raciste et libérale, masquée sous un discours de solidarité trompeur.
Nada et Léo (UCL Grenoble)





