Politique

« Désarmer Bolloré » : Île Bolloré, néonazis protégés




Lancée par plus d’une centaine d’organisations, la campagne « Désarmer Bolloré » veut s’attaquer à l’empire industriel et médiatique du milliardaire fasciste. Elle organisait récemment une mobilisation dans le Finistère.

Dans le cadre de la campagne nationale « Désarmer Bolloré » [1] lancée cet été, un rassemblement à Concarneau était organisé le samedi 5 octobre pour dénoncer l’embauche par Bolloré de Marc de Cacqueray-Valménier. Cet ex-chef du GUD est désormais homme de main dans l’équipe de gardiens chargée de la surveillance de l’île du Loc’h, dont le milliardaire est le propriétaire.

Pour la petite histoire, en 1947, l’oncle de Vincent Bolloré, Gwenn-Ael Bolloré, a mis l’île à disposition des résistants Hélène et Philippe Viannay qui y organiseront des séjours de voiles pour les survivantes de la déportation ou du maquis. C’est de cette initiative que naîtra l’école de voile « les Glénans ». Cependant, le parcours de l’oncle de celui qui est aujourd’hui propriétaire de Cnews ne doit pas être idéalisé. S’il a bien participé à la résistance comme membre des commandos Kieffer, il a aussi par la suite présidé les éditions de la Table-ronde qui ont publié plusieurs ouvrages de partisans de l’Algérie française.

Un large rassemblement

Si le premier appel prévoyait qu’une armada festive de voiliers rejoigne l’archipel, la météo a eu raison d’une partie de la mobilisation initialement attendue. Un avis de tempête a amené les organisateurs à annuler la navigation pour laquelle une centaine d’embarcations étaient inscrites. Il restait tout de même la mobilisation à terre qui a réuni un demi-millier de personnes, rassemblant un arc large allant des libertaires aux partis de la gauche institutionnelle (EELV, LFI). Sur place, plusieurs stands notamment de Solidaires, de Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA) et des Soulèvements de la Terre diffusaint de la documentation contre l’extrême droite au milieu d’une petite kermesse. Une action symbolique a eu lieu depuis l‘Hémérica, bateau du musée de la Pêche, pour y déployer le slogan « Île Bolloré, néonazis protégés » sur fond de biniou.

La forte présence syndicale a permis de mettre en avant le rôle de plus en plus important d’une frange du patronat qui met des moyens considérables au service de la bataille pour l’hégémonie menée par l’extrême droite. Bien évidemment, on trouve au premier rang l’empire médiatique de Bolloré qui entretient des liens étroits avec la fachosphère. Le même Bolloré qui participe au financement de l’Institut libre de journalisme (ILDJ) afin de former les journaliste qui, demain, abreuveront de haine les médias français. Parmi ses étudiantes et étudiants ,on trouve d’anciennes candidates et cabndidats du Rassemblement national ou de Reconquête, mais aussi d’anciens membres de groupes néonazis.

Pour une Bretagne ouverte et solidaire

La campagne contre le système Bolloré et sa tentative d’hégémonie culturelle ne fait que commencer. L’archipel des Glénan n’est certes pas le cœur de l’empire Bolloré. Il s’agit en fait de contester ses alliances, son projet politique et sa vision d’une Bretagne renfermée sur des traditions fantasmées. Au contraire, nous continuerons à faire vivre une Bretagne ouverte et solidaire, en particulier avec toutes celles et ceux qui luttent contre le système Bolloré, que ce soit en ­France ou à l’international.

Damien, Tom (UCL Finistère) et Corentin (UCL Kreiz Breizh)

[1Pour plus d’informations : desarmerbollore.net

 
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