Désarmer Bolloré : Une campagne unitaire contre un empire

L’UCL est investie dans la campagne « Désarmer Bolloré » qui a connu fin janvier son deuxième temps fort. Pour inscrire cette campagne dans la durée, il faut la faire connaître et l’investir massivement.
Lancée à l’automne 2024, « Désarmer Bolloré » est une campagne unitaire qui rassemble organisations politiques, syndicats, associations, ONG et autres collectifs [1]. Elle a pour but de dévoiler, dénoncer et lutter contre la puissance d’influence de Vincent Bolloré, 8e fortune française. Il est connu notamment pour détenir les groupes Vivendi et Universal, mais aussi la Socfin qui possède de nombreuses plantations de caoutchouc et d’huile de palme en Afrique, ou encore Bolloré Transport & Logistics dans les secteurs du transport et de l’énergie. Cette hydre capitaliste est présente dans le monde entier et y agit comme l’un des fers de lance du néocolonialisme et de la destruction de l’environnement.
Mais pourquoi alors cibler Bolloré spécifiquement parmi tous les grands patrons français ? C’est qu’il met sa fortune et ses réseaux au service d’un projet politique ouvertement d’extrême droite, réactionnaire et ultra-catholique. C’est particulièrement évident dans les médias qu’il a mis sous sa coupe (CNews, JDD…), mais aussi dans ses sociétés d’édition ou de distribution (réseau des Relay), ou encore par ses pratiques anti-syndicales et racistes dans la totalité de ses entreprises. Il se trouve donc à l’intersection de nombreuses dominations. C’est pour ça qu’il a été choisi, non pas comme cible unique, mais comme symbole prioritaire à faire tomber.
Comment s’investir dans la campagne
Face à un adversaire aussi tentaculaire, on peut s’investir de nombreuses manières. La campagne « Désarmer Bolloré » a déjà lancé une opération marque-pages à glisser dans les livres des éditions détenues par Bolloré afin de visibiliser son omniprésence dans le monde éditorial et médiatique. Il est également possible d’aller plus loin en boycottant leurs livres.
Plus globalement, un grand nombre de visuels et de ressources pédagogiques sont disponibles sur le site de la campagne pour être diffusés le plus largement possible : dans le cadre des semaines d’actions décentralisées (une première a eu lieu entre les 29 janvier et 2 février), mais aussi en dehors. C’est aussi l’occasion de rejoindre les organisations membres de la campagne pour les renforcer !
Perspective concrète : le carnaval en Bretagne
Un temps fort a eu lieu sur la pointe de Beg Meil le dimanche 2 février. Dans ce lieu-dit du Finistère Sud, constitué essentiellement de résidences secondaires, la foule était réunie devant la maison secondaire de Bolloré au cœur même de son ter-ter familial pour un fest diez, une « fête de jour » populaire en Bretagne où l’on pratiques des danses traditionnelles sur de la musique instrumentale, qui a duré toute l’après-midi. Ce type de fête traditionnelle où se succèdent des sonneurs, des duos de kan ha diskan (techniques de chant et contre-chants) ou d’autres formations musicales est l’occasion pour les participants et participantes de danser pour ne pas avoir trop froid mais aussi de montrer un autre visage de la Bretagne. Face à la vision d’une Bretagne enfermée sur son passé que cherche à promouvoir Bolloré, nous lui opposons celle d’une Bretagne ouverte et riche de ses différentes traditions qui vivent dans notre quotidien.
L’action symbolique avait pour but également de dénoncer l’accaparement des espaces par le milliardaire. Nous avions déjà parlé de l’île du Loc’h qui servait autrefois à faire de la voile aux résistantes et résistants et qui aujourd’hui est gardée par un ex-membre du GUD. À Beg Meil [2], la foule a tenté de pénétrer dans un hôtel en travaux récemment racheté par le magnat. La police ayant repoussée la « dangereuse » foule déguisée en oiseaux et en licornes pour l’occasion, seuls quelques tags resteront de l’événement.
Danser au bout du monde et entretenir une culture populaire antifasciste n’est certainement pas suffisant pour abattre le fascisme et le soutien matériel que lui apporte la grande bourgeoisie. Ce genre d’événement ne peut exister en vase clos d’une plus large campagne au niveau géographique mais aussi dans le temps.
Corentin (UCL Kreiz Breizh), Zélie (UCL Le Havre) et Hugo (UCL PNE)





