Dossier Palestine : Nevé Shalom/Wahat as-Salam : Une oasis de paix

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Le village de Nevé Shalom (en hébreu) ou Wahat as-Salam (en arabe) est une communauté coopérative établie par des Juifs et des Palestiniens (musulmans et chrétiens), toutes et tous citoyens d’Israël. L’activité principale du village est le travail éducatif pour la paix, l’égalité et la compréhension entre les deux peuples.

Nevé Shalom/Wahat as-Salam, littéralement « Oasis de paix » [1], se trouve près de Latroun, situé à égale distance (30 km) de Jérusalem, Tel-Aviv et Ramallah, sur une colline en bordure de la vallée d’Ayalon qui fut, depuis les temps anciens jusqu’à nos jours, le théâtre de nombreuses guerres. Cette colline, située dans l’ancien no man’s land démilitarisé avant 1967, n’avait été ni habitée ni cultivée depuis l’époque byzantine.

Le village a été fondé en 1970 par un frère dominicain israélien, Bruno Hussar, engagé dans la voie du dialogue interreligieux. Il comprend 55 foyers, une centaine d’adultes et environ 200 enfants. La communauté dispose de plusieurs structures : une crèche, un jardin d’enfants, une école primaire, une hôtellerie, une « maison du silence » et un centre spirituel pluraliste, la Doumia-Sakinah mis sur pied après la mort de Hussar en son hommage, où sont organisés des « séminaires de réflexion ». Les premières familles arabes et juives sont venues y résider à partir de 1977 et ont choisi de vivre ensemble dans l’égalité.

Priorité à l’éducation

L’éducation est l’une des finalités principales du village. La première réalisation du village fut la « crèche binationale », suivie plus tard du jardin d’enfants et de l’école.

Quelques principes-clés régissent le système éducatif : l’instruction dans les deux langues, hébreu et arabe, dès la première classe ; une égale participation des Juifs et des Palestiniens dans la gestion et l’enseignement ; un enseignement aux enfants de leurs cultures à travers la littérature et les traditions mutuelles ; l’aménagement d’un cadre de vie quotidienne, favorisant les rencontres des enfants des deux peuples. Un rôle essentiel dans le travail éducatif de NSH/WAS appartient à l’École pour la paix. Celle-ci organise des programmes variés de rencontres entre Juifs et Palestiniens pour promouvoir la connaissance, la compréhension et le dialogue entre les deux peuples. Les classes doivent comprendre la même proportion de Juifs et de Palestiniens, tout comme le village. Depuis ses débuts en 1979, plus de 30 000 jeunes ont pris part à ses rencontres, ainsi que plus de 3 000 adultes dont un bon nombre engagé depuis lors dans d’autres organisations œuvrant pour la paix.

Le village a également fait le choix que l’organisation collective ne soit pas confisquée par l’une des deux communautés. Il se dit indépendant de toute autorité extérieure et n’est affilié à aucun parti politique. La vie quotidienne s’organise sous la forme d’une démocratie participative : chaque année un secrétariat est élu, toutes et tous les habitants participent aux assemblées, toutes les décisions sont discutées et prises ensemble. Ensuite, chacune et chacun peut vivre chez soi, élevant ses enfants comme il l’entend.

Nicolas (AL 77)

[1Il s’agit d’une référence biblique (Isaïe 32, 18) : « Mon peuple habitera une Oasis de Paix ».

 
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