États-Unis : Les personnes trans face au risque génocidaire

Une ONG américaine spécialisée dans la prévention des génocides alerte sur les mécanismes en place sous l’administration Trump pouvant mener à terme à l’éradication des personnes trans aux États-Unis.
Le 26 février dernier entrait en vigueur au Kansas une loi invalidant tout permis de conduire ou acte de naissance sur lequel figure un genre différent de celui attribué à la naissance. Environ 1 700 personnes trans auraient ainsi reçu un courrier leur demandant de remettre immédiatement leur permis actuel, les plaçant face au dur choix entre accepter des papiers qui contredisent leur genre d’affirmation ou arrêter purement et simplement de prendre le volant.
C’est loin d’être la première mesure anti-trans dans cet État qui s’applique à rendre la vie impossible aux personnes trans sous sa juridiction, incitant nombre d’entre elles et eux à prendre la route de l’exil. Ainsi, fin janvier, le même État faisait passer une loi prévoyant une prime à tout bon citoyen américain engageant un procès contre une personne qu’il suspecterait d’utiliser des toilettes ne correspondant pas à son genre assigné à la naissance. Cette loi non seulement encourage mais aussi rétribue financièrement l’américain lambda qui prendrait part dans la persécution des personnes trans ou supposées comme telles.
L’Institut Lemkin pour la prévention des génocides, une ONG américaine ayant vocation à alerter et fournir les outils pour prévenir les génocides partout dans le monde, a publié en mars une troisième alerte rouge concernant un potentiel risque génocidaire des personnes trans aux États-Unis. Cette alerte estime que l’administration Trump est passée à un nouveau stade dans l’éradication des personnes trans non seulement de la vie publique, mais aussi de toute forme d’existence en les présentant comme « une menace cosmique envers la santé spirituelle de la nation et la plus grande menace mondiale directe envers la sécurité nationale des États-Unis ».
L’ONG appuie son analyse sur plusieurs points. Elle décrit comment les États-Unis nient les identités trans en s’efforçant d’empêcher leur expression publique tout en s’attaquant aux institutions qui participent à reproduire ces identités, en interdisant par exemple toute mention des personnes LGBTI dans les programmes scolaires. Cette dénégation est utilisée comme point d’appui pour s’opposer matériellement à l’accès aux parcours de transition.
Elle dénonce aussi la rhétorique du camp de Trump qui cherche à criminaliser toute personne trans ainsi que leurs soutiens en instrumentalisant les actions de personnes trans individuelles ou encore en construisant de toute pièce leur implication dans des affaires criminelles, comme on l’a vu lors de l’assassinat de l’influenceur réactionnaire Charlie Kirk.
Pour finir, les différentes mesures facilitant l’identification des personnes trans sur leurs papiers officiels, comme l’affaire des permis de conduire au Kansas, font craindre le pire. L’Histoire nous montre comment cette identification forcée est une tactique fréquemment utilisée lors du développement de projets génocidaires pour cibler une sous-partie précise de la population, et qui précède généralement une phase de confinement. Afin de mettre à mal cette mécanique bien huilée, et pour éviter qu’advienne le pire, il est plus que jamais important d’apporter notre soutien à nos adelphes des États-Unis.
Johanna (UCL Lyon)





