Politique

Grand Ouest : Mille flottilles plutôt que le « France libre » !




Annoncée en grande pompe par Emmanuel Macron, la construction d’un nouveau porte-avions a été accueillie par une large mobilisation antimilitariste à Saint-Nazaire.

Sur la plage le porte-avions s’enflamme, tandis que les flottilles s’en vont accompagnées par les chants des militantes : « zéro porte-avions, et mille flottilles ! ». Ce sont près de 1600 personnes qui ont défilé dans les rues de Saint-Nazaire ce 8 mai contre la construction du nouveau porte-avions, le « France Libre », à l’appel de la coalition Guerre à la guerre Grand Ouest. En tête, les banderoles des villes ayant répondu à l’appel, puis les cortèges syndicaux de Sud et la CGT 44 suivis par des cortèges de ville joyeux et offensifs. En queue de manif, quelques organisations politiques cherchaient leur place hors de l’unitaire. Une première démonstration de force massive et réussie pour le mouvement antimilitariste dans l’ouest.

La coalition a réussi son objectif en rassemblant sous les banderoles des villes mobilisées plusieurs organisations politiques, associatives et syndicales.

UCL Rennes

La date, préparée depuis de longs mois au sein des AG régionales, fournit un bon point d’appui pour la suite de la construction de la coalition. Face à une manifestation pourtant annoncée et tenue comme familiale et festive, la préfecture a fait le choix de la répression avec des contrôles et des interpellations avant même les premières prises de parole. L’absence de protection collective s’est cruellement faite sentir, et reste à construire dans un mouvement clairement dans le viseur d’un État en voie de militarisation.

Cette date montre la capacité de la coalition à construire un mouvement antimilitariste à grande échelle. Elle montre aussi que l’existence de cadres antimilitaristes fonctionnels est une base nécessaire à l’amplification du mouvement : seules les villes dotées de ces cadres locaux (Rennes, Nantes, Saint Nazaire...) ont pu répondre solidement présentes sur cette date clef. À ce titre, leur construction et leur structuration doit être une priorité pour les militants et militantes révolutionnaires, d’autant que si l’unitaire est un mot d’ordre consensuel, sa traduction réelle est encore balbutiante. La coalition doit encore faire ses preuves et rassurer, pour pouvoir transformer les inquiétudes sur la montée du militarisme en capacité d’action unitaire. C’est particulièrement le cas vis-à-vis des organisations les plus massives, syndicales en premier lieu.

Contre la guerre, cap sur l’unitaire !

Face à la marche à la guerre en cours, et dans la période électorale qui commence, l’UCL a défini la lutte contre la guerre aux peuples comme une priorité. Contre le délégationisme, nous devons avoir confiance en la capacité de notre classe et de nos outils pour écarter son destin des tranchées et de la mort. La coalition Guerre à la guerre est déjà saisie par plusieurs forces politiques, et nos pratiques autogestionnaires peuvent avoir des apports décisifs. Pour construire un mouvement antimilitariste de masse, nous n’avons pas d’autre choix que de mettre la main à la pâte : contre la guerre, cap sur l’unitaire !

LuLu et Malo (UCL Rennes)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut