Guéret : La montée en puissance de la lutte forestière !

Le 5 octobre dernier a eu lieu une manifestation nationale massive à Guéret, ville de 12 000 habitantes et préfecture de la Creuse, pour dénoncer les risques de déforestation dans la région pour les bénéfices des entreprises privées. La mobilisation populaire réunissant partis politiques, associations et syndicats, commence à se faire entendre même si la préfecture et les entreprises poursuivent leur double discours.
La manifestation nationale du 5 octobre à Guéret est un succès sans précédent sur le thème de la défense des massifs forestiers, menacés par des projets industriels surdimensionnés, puisqu’elle a réussi à rassembler plus de 3 000 personnes sur place. En Limousin les coupes rases se multiplient au détriment des paysages mais surtout de la biodiversité et de la qualité des sols et des eaux. La manifestation visait tout particulièrement deux projets : l’implantation d’une grosse usine à fabriquer des pellets (Biosyl, à Guéret) et le doublement des capacités d’une déjà très grosse scierie (Farges-Piveteau, à Egletons) [1]
Environnement, emplois : même combat
Le Réseau forêt limousine regroupe dorénavant une trentaine de collectifs locaux réunis autour d’une lutte précise. On y retrouve les syndicats CGT, FSU et Confédération paysanne mais aussi France nature environnement (FNE), des associations d’achat collectif de forêts, le Syndicat de la montagne limousine, des associations tournées vers l’éducation des petits propriétaires vers une sylviculture vertueuse à essence mélangées et à couvert continue, et bien d’autres structures encore. Par ailleurs, de plus en plus d’élues sur le territoire prennent la mesure du danger, à commencer par la maire de Guéret, opposante résolue à la déforestation et soutien indéfectible à la mobilisation malgré des pressions de toutes sortes.
Outre les questions strictement environnementales, la CGT et la FSU de Creuse, qui travaillent ces questions via l’Alliance écologique et sociale (AES) depuis plusieurs années, pointent le risque sur l’emploi dans la filière bois. Pas tant en terme de concurrence sur les produits finis que pour l’accès à la ressource. Quand ces deux mastodontes se seront servis dans les forêts de feuillus, que restera-t-il comme bois pour les petites entreprises et à quel prix ? Pour la création annoncée de quelques dizaines d’emplois (subventionnés par nos impôts) combien de licenciements et d’artisans seront touchés ? Quel impact aussi sur le prix du bois bûche qui sert massivement au chauffage individuel ?
Des doubles discours
Sous la pression populaire, la filière patronale de Nouvelle-Aquitaine (Fibois) organise des « Assises » qui ne laissent en réalité aucune place sérieuse aux associations. La scierie Farges met en place une « commission de dialogue » avec les associations tout en oubliant d’inviter la CGT 19 qui a pourtant pris position clairement. La préfecture de la Creuse, quant à elle, reçoit une délégation de la Charte élaborée par l’AES 23 et ses partenaires en promettant de regarder la revendication d’un Observatoire de la forêt. Mais elle interdit à la manifestation de passer devant la préfecture, une première sur ce département. Et pourtant, la semaine suivante elle autorise un rassemblement des leaders de la droite locale devant ces mêmes grilles en soutien au patron de Biosyl ! Bref, les pressions commencent à porter, mais il reste du boulot ! Les recours en justice suivent leur chemin, portés en particulier par Canopée et FNE.
Côté partis politiques, Les Verts, LFI, le NPA et bien sûr l’UCL ont bien été mobilisés. Le PCF, dans la majorité socialiste au conseil régional, était absent, lié par le vote des 700 000 euros de subvention à Biosyl… L’autocollant de l’UCL contre les coupes rases a fait un tabac et le tract, retrouvable sur internet [2], est parti très vite.
Jean-Yves (UCL Limousin)





