Antifascisme

Haute-Loire : Mobilisation populaire suite à une agression raciste




Dans une commune jouxtant le Puy-en-Velay, un tir à la carabine sur des enfants racisés met en émoi les habitants et habitantes, qui décident de ­s’organiser pour remédier à l’impunité dont bénéficient trop souvent les agressions racistes. L’UCL a participé au mouvement.

Le 19 avril dernier, dans le quartier populaire de l’Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel, commune limitrophe du Puy-en-Velay, un homme de 62 ans s’en est pris à des enfants racisés qui jouaient devant son immeuble. Après leur avoir adressé des insultes racistes, il est sorti de chez lui, carabine à plomb en main, et a tiré en direction des enfants. Aucune victime physique n’est à déplorer, mais le choc psychologique a été profond.

L’agresseur, dont le comportement était connu de longue date dans le quartier – et les autorités déjà alertées – a été placé en garde à vue. Mais pour les familles, le chemin vers la justice s’est révélé semé d’embûches.

Un terreau d’impunité

Une première tentative de dépôt de plainte s’est soldée par un refus au commissariat. Lors du second passage, si la plainte a finalement été enregistrée – après une longue attente – la police a dans un premier temps refusé de retenir le caractère raciste des faits. C’est finalement sous la pression de SOS Racisme que cette qualification a été intégrée à la plainte.

Pour les habitantes et habitants et les associations mobilisées, cet épisode n’est pas un fait isolé. L’inaction conjuguée de la mairie, de l’État et de ses représentants – police, préfecture, parquet – a permis à un climat d’impunité de s’installer durablement, laissant prospérer paroles et actes racistes sans réponse à la hauteur. Le Réseau antifasciste de Haute-Loire (RAFAHL), où les camarades de l’UCL sont présentes et présents, pointe également la responsabilité d’un contexte politique national dans lequel des élus, des éditorialistes de droite et d’extrême droite à la solde de patrons qui voient d’un bon œil le retour de la peste brune, contribuent à banaliser le racisme. La police en roue libre a toute sa place dans ce racisme systémique qui pourri tle quotidien des populations racisées. L’État avec ses politiques discriminantes et de plus en plus racistes ne peut cacher sa responsabilité dans la multiplication de tels drames.

Face à cette situation, les habitants et habitantes ont choisi de s’organiser elles et eux-mêmes, refusant toute récupération extérieure. Nous les avons soutenu et encouragé dans cette voie. Samedi 25 avril, plus de 300 personnes se sont rassemblées devant les immeubles du quartier, à l’appel du slogan «  La peur doit changer de camp  ». Ce sont les résidentes qui ont tenu le micro, livrant des témoignages poignants sur le climat de leur quotidien. Le RAFAHL, qui a accompagné la démarche sans la piloter, a assuré le service d’ordre.

UCL Le Puy-en-Velay

 
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