Syndicalisme

Indépendance syndicale : Le syndicalisme doit-il sauver le Nouveau Front populaire ?




Paru sur Médiapart et repris entre autre dans l’Humanité, voici un curieux appel qui ne semble pas faire beaucoup de bruit dans nos organisations alors que trois ex-secrétaires généraux des trois syndicats « combatifs » en sont signataires : Thibault (CGT), Aschieri (FSU) et Beynel (Solidaires). Avec eux, plus de cent militants et militantes ayant exercé, et parfois qui exercent encore, de grandes responsabilités dans les trois organisations.

L’essentiel du document ne pose pas de problème majeur : colère contre Macron et ses gouvernements, appel à l’unité syndicale face au péril d’extrême droite… disons que c’est du déjà vu. La conclusion en revanche est plus surprenante puisqu’il s’agit de pousser militants et militantes des partis politiques, des syndicats et des associations « citoyennes » à organiser des débats, construire des collectifs locaux du Nouveau Front populaire. Ceci afin d’obtenir une candidature unique à l’élection présidentielle prochaine, présentée comme condition d’une victoire électorale.

Un air de déjà vu...

Après la campagne présidentielle autour de Juquin qui avait attiré d’anciens du PCF, du PSU, d’écologistes, d’antiracistes avec l’appui logistique national de la LCR, certains ont cru à l’émergence d’une nouvelle force politique « alternative ». Un nouveau PSU en somme positionné entre réforme et révolution... mais lié aux réformistes pour avoir des élus. Cet espoir fut relancé après la campagne pour le « Non à la Constitution européenne » en 2005 jusqu’à ce que le PCF impose la candidature de Buffet en 2007 aux comités locaux de l’époque faisant exploser le cadre fragile. D’autant qu’une nouvelle majorité au sein de la LCR refusait, de son côté, la disparition d’un programme révolutionnaire au profit d’un projet réformiste radical.

Si nous faisons ce rapide rappel historique c’est que dans la liste des premiers et premières signataires, majoritairement des retraitées, nous retrouvons beaucoup de militants et militantes qui étaient déjà à l’initiative en 1988 et dans les étapes ultérieures : dirigeants des courants droitiers issus de la LCR et des scissions du NPA, ou ex-Refondateurs du PCF. Plus l’indestructible Gérard Filoche passé directement du bureau politique de la LCR au bureau national du PS avec sa petite cohorte d’affidées. Plus étonnant, nous retrouvons parmi les signataires des militants et militantes qui, en leur temps, jouaient avec zèle la courroie de transmission CGT/PCF et la chasse aux « gauchistes » dans leurs syndicats.

L’ancien secrétaire général de la CGT Bernard Thibault, signataire de l’appel, avec le député socialiste Daniel Goldberg et le maire socialiste Gérard Ségura, lors d’un rassemblement devant l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois, le 23 mars 2012.
Wikimedia Commons

Nous pouvons entendre et même pratiquer le « vote barrage » contre l’extrême droite. Même si ce sont les trahisons répétées des gouvernements de gauche qui ont permis la montée du RN. Une réunion nationale de ces collectifs locaux du NFP se déroulera samedi 22 mars à Paris toute la journée et tant pis pour les manifestations antiracistes qui se tiennent le même jour dans tout le pays. Ce cadre qui promeut une primaire à gauche semble en réalité être un soutien à la candidature de Clémentine Autain pour la présidentielle de 2027. On prend les mêmes et on recommence !

Au delà du respect de la Charte d’Amiens et de l’utilisation politicienne des positions syndicales, c’est bien une divergence de fond qui nous oppose à cette démarche : asservissement des syndicats aux partis politiques « de gauche » et à l’agenda électoral contre autonomie du mouvement social vers une grève générale expropriatrice. Sans hésiter, nous gardons la boussole du syndicalisme révolutionnaire.

Des syndicalistes communistes libertaires

 
☰ Accès rapide
Retour en haut