Internationalisme : La puissance du port du Havre

En décembre dernier, les dockers du Havre ont bloqué une cargaison de canons destinée à Israël. Un exemple concret de solidarité internationaliste.
En juin 2025, Sébastien Lecornu, Premier ministre, déclarait « Il n’y a aucune vente d’armes françaises à Israël, il faut cesser cette désinformation ». Un mensonge audacieux au vu des nombreuses livraisons de matériel militaire à Israël, identifiées et documentées [1] depuis 2023.
S’il fallait un élément de plus, le 11 décembre dernier, c’est un conteneur d’Aubert et Duval, une entreprise bien française, qui devait être chargée sur le port du Havre pour atteindre celui d’Haïfa, en Palestine occupée. La cargaison ? 18 tonnes de canons, fabriquées à Firminy (où déjà des militants et militantes étaient mobilisées) et destinées à l’entreprise d’armement israélienne Elbit System pour son nouvel obusier.
C’était sans compter sur la mobilisation des dockers du Havre ! Informés en amont par Urgence Palestine et Palestine Youth Movement, ils ont tout simplement refusé de charger la cargaison. Le transporteur ZIM a eu beau tenter de dissimuler la cargaison, les dockers n’ont rien lâché et le conteneur n’aura pas pu entrer sur le port du Havre. Si l’on peut regretter que la cargaison n’ait pu qu’être déviée et pas réellement immobilisée, l’action des dockers est à grandement saluer !
Désarmons notre impérialisme !
Comme celles des dockers de Fos-sur-mer et de Gênes ou encore celles des syndicats de l’aérien avant eux, leur mobilisation s’inscrit pleinement dans la solidarité internationaliste de notre classe face à la barbarie impérialiste [2].
Ce type d’action nous rappelle que les armes qui servent au génocide des palestiniens et palestiniennes ne se fabriquent pas toutes seules et n’arrivent pas à Israël par magie. Elles sont en partie ou en totalité conçues et fabriquées dans les pays occidentaux comme la France. Les bourgeoisies impérialistes n’ont bien sûr aucun scrupule à faire des profits sur un génocide, c’est un fonctionnement normal du capitalisme. Mais nous pouvons agir en tant que classe, parce que ce sont bien des travailleurs et travailleuses qui, contraint-es par l’exploitation capitaliste, produisent et livrent ces armes. Ils et elles ont donc, par leur action collective, les capacités de stopper l’armement d’Israël. Car chaque arme qui ne peut être assemblée, chaque composant qui ne peut être livré est une pièce de moins dans la machine génocidaire israélienne.
Mais cette prise de conscience n’est pas spontanée. Elle peut être d’autant plus difficile que les travailleurs et travailleuses concernées bénéficient d’une certaine manière (via leur niveau de vie) de ce commerce. Heureusement, comme chez les dockers du Havre, les traditions syndicalistes internationalistes de certains secteurs restent bien ancrées. À nous, militants et militantes révolutionnaires de continuer le travail. Soutenons les secteurs déjà mobilisés, investissons la campagne Stop Arming Israël, construisons des liens avec les secteurs concernés. Développons la solidarité internationaliste de notre classe, désarmons Israël, désarmons notre impérialisme !
Thomas (UCL Le Havre)





