Culture

Jouer : La lutte des castes




Ah le délicieux plaisir de réduire à néant une puissante ouverture royaliste avec un atout « bloc noir »... En bon gauchiste, vous connaissez sûrement la maison d’édition littéraire ­Bandes détournées [2]. Elle nous gratifie cette fois-ci d’un petit jeu de société : La Lutte des castes, sous-titré « renversez le féodalisme (ou matez la révolution) ».

C’est un jeu de plis [1] où il faudra non pas en remporter le plus, mais faire gagner votre équipe. Les traditionnels trèfles, cœurs, piques, carreaux sont remplacés par les bords politiques : révolutionnaires, monarchistes et... centristes. D’ailleurs, en début de manche, chaque joueur et joueuse va piocher un bord politique secret au hasard qu’il devra donc s’efforcer de faire gagner. On rajoute une dose de chaos avec les cartes « réformes » qui viennent chambouler le tour de jeu. Parfois de manière mineure : envoyer les flics et obliger un ou une adversaire à retourner sa ­carte « bord politique ». Parfois plus violemment : le cortège non-mixte fera disparaître les cartes contenant des personnages masculins du pli en cours.

Le jeu est sans prétention. Il aurait mérité un peu plus de travail d’édition – la lisibilité des cartes est parfois limite et l’écriture des règles est un peu foutraque. Mais les manches de dix minutes s’enchaînent tout de même. En particulier à cinq ou plus autour de la table. Entre une réforme et un coup fourré, on scrute les ­blagues gauchisantes omniprésentes. Les illustrations sont de vieux comics américains tombés dans le domaine public. Tout comme Le royaume aux mille réformes, une lutte sociale dont vous êtes le héros (ou l’héroïne) que l’on pourra aussi lire avec plaisir.

Francis (UCL Marseille)

  • La Lutte des castes, Bandes détournées,2025, 3 à 7 joueurs et joueuses, 14 euros.

[1Comme au tarot, vous avez une main de cartes et il faut suivre la couleur demandée par la première carte jouée. Vous pouvez aussi couper avec un atout ou pisser.

[2La BD Koko n’aime pas le capitalisme de Tienstiens ou encore l’album jeunesse La petite Poucette et l’Ogre capitaliste illustré par Loïc Sécheresse.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut