Politique

Journées d’été rouge et noir 2024 : penser les luttes, construire l’autogestion




Après une année intense au vu du contexte politique, quelques 170 camarades de l’Union communiste libertaire, d’abonnées d’Alternative libertaire et de sympathisantes se sont retrouvées du 11 au 18 août au Hameau de Bécours dans ­l’Aveyron pour cette nouvelle édition de nos journées d’été ! Le cadre magnifique de ce lieu, tenu par les Éclaireuses et Éclaireurs de France, nous a permis de nous former, de nous retrouver mais aussi de vivre la vie en communauté au plus proche de nos valeurs libertaires.

Au programme de cette semaine : une présentation de plusieurs formations de base internes à l’organisation (antifascisme ou écologie par exemple), mais aussi une dynamique d’ouverture unitaire avec la sollicitation d’intervenantes et intervenants extérieures.

Un programme intense

Sur le front de l’écologie radicale, un collectif porteur d’un projet de sécurité sociale de l’alimentation a été sollicité, un militant de la Confédération Paysanne a lui questionné les rapports de classe en milieu rural. Sur le front antifasciste, le collectif Autonomie 2 Classe a présenté son point de vue sur la fascisation de la société et les risques fascistes en cours tandis que le sociologue Félicien Faury a explicité les éléments clés de son livre Des Électeurs ordinaires, sur l’électorat du RN. En terme d’antiracisme, le collectif juif décolonial Tsedek a développé son cadre théorique concernant la lutte contre l’antisémitisme et un militant a défendu l’importance de la campagne Boycott Désinvestissement Sanction (BDS) dans le soutien à la lutte de libération du peuple palestinien.

Des camarades de l’UCL ont animé plusieurs ateliers, le programme ayant été élaboré en amont par les commissions d’intervention de l’organisation. La Commission antipatriarcat a par exemple testé un atelier de compréhension de la notion de travail domestique et de la reproduction sociale par le biais d’un arpentage de textes mettant en lumière le débat entre les féministes matérialistes et les féministes marxistes. Elle a aussi proposé d’autres ateliers, autour du 8 mars ou encore un atelier d’éducation populaire sur les luttes syndicales emblématiques et les revendications du secteur féminisé de la petite enfance. De son côté, la Commission travail a porté la question de la stratégie syndicaliste révolutionnaire de l’UCL en mettant en débat la question de l’unification syndicale, mais aussi la lutte antifascisme par le syndicalisme. Enfin, la commission sérénité organisée a formé aux stratégies et pratiques permettant aux militantes et militants de manifester sereinement.

Luttes anticoloniales et internationalisme

Un des temps fort a été l’accueil de camarades du Mouvement Kanak en France alors même que le mouvement de révolte populaire en Kanaky subit la répression de plein fouet, en plein contexte colonialiste ranimé par les provocations du gouvernement Macron/Darmanin. La répression engendre des dizaines de mortes, des camarades sont emprisonnées et disséminées dans des prisons un peu partout dans l’hexagone. La construction d’un vaste mouvement de solidarité est plus que jamais nécessaire !
Au niveau international, l’UCL continue de tisser des liens avec notamment les organisations Die Plattform (Allemagne) et Liza (Espagne) qui étaient présentes aux journées d’été. Des camarades se sont relayé⸱es pour assurer la traduction..

Des moments forts de camaraderie !

En dehors de ces moments de formation, nous avons pu nous retrouver pour faire du sport ensemble, en mixité et en non-mixité. Deux camarades ont partagé leurs connaissances en boxe, avec notamment en ligne de mire les enjeux politiques du sport et du bien-être dans notre militantisme.

Des Assemblées Générales (AG) ont eu lieu pour nous permettre de nous organiser. Il y a également eu des AG en non-mixité de genre et une autre en non-mixité de personnes racisées. Ces temps permettent de renforcer les liens de camaraderie, de mettre en lumière les discriminations et problématiques qui continuent de se poser y compris dans nos organisations militantes et de lutter contre collectivement.

Enfin, toutes les soirées ont été animées par des camarades : jeux de société, théâtre d’impro, projections de films, boom, soirée autour du feu organisée par les enfants, karaoké... autant de moments de camaraderie et d’amusement !

L’autogestion concrètement

Chaque année, nous nous organisons au quotidien pour les formations, l’animation, les temps de camaraderie... mais aussi pour fluidifier le quotidien (avec des référentes) et pour organiser les tâches courantes telles que la cuisine, les repas, la vaisselle, le ménage des sanitaires, etc. Bien que nous ayons des valeurs communistes libertaires, nous avons encore à apprendre et nous nous améliorons d’année en année. Si cela peut sembler secondaire, nous pensons au contraire que la question des tâches ménagères quand on fait la révolution est un enjeu politique tout aussi important si nous voulons combattre les oppressions systémiques !

Les Éclaireuses et Éclaireurs de France ont contribuées à faire évoluer nos outils autogestionnaires en proposant cette année deux ateliers : l’un aux adultes ; l’autre à la quinzaine d’enfants présentes sur le camp. Ces derniers, accompagnés par deux animatrices, ont construit leur propre programme de la semaine et ont édité un journal dont des extraits ont été présentés en dernière page du numéro d’Alternative libertaire de septembre (nous vous invitons à y jeter un oeil !). L’atelier destiné aux adultes a quant à lui permis d’avoir un apport d’idées et un espace pour faire évoluer nos pratiques et permettre une meilleure répartition de la charge de travail. Enfin, armée des conseils du Réseau de Ravitaillement de Rennes, une équipe motivée de l’UCL a pris en charge la cuisine végé/végan. Nous les remercions chaleureusement pour l’organisation et la qualité des repas. Nous remercions également le Clan Pain qui nous a ravitaillé en pain maison toute la semaine.

Chacunes des participantes repart donc gonflée à bloc pour affronter la prochaine séquence des luttes sociales !

Fred (Nancy) et Méli (Le Havre)

 
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