Justice : L’État condamné deux fois le même jour

Fin février, l’État Français est condamné d’une part pour le lancement des travaux de l’A69 et d’autre part pour sa responsabilité de la mort de Rémi Fraisse à Sivens. Nous devons nous mobiliser massivement tant avec les populations locales qu’avec les collectifs écologiques et les syndicats. L’unité sociale et locale est vitale pour lutter contre les grands projets inutiles, pour défendre la biodiversité et les gens qui habitent ces lieux mais aussi pour faire face aux violences étatiques, policières et fascistes.
Jeudi 27 février, la justice a tranché deux fois. La première pour la construction de l’autoroute A69 qui est annulée au Tribunal administratif (TA) de Toulouse. Selon le droit environnemental, il n’est pas possible de porter atteinte à la biodiversité en raison de l’absence de raison impérative d’intérêt public majeur. La seconde fois, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) condamne l’État pour violation du droit à la vie dans la mort de Rémi Fraisse, un militant écologiste tué par un tir de grenade par un gendarme lors de la manifestation contre le barrage de Sivens le 26 octobre 2014.
L’A69 comme le barrage de Sivens sont des exemples caractéristiques des grands projets d’infrastructures imposés par l’État, la bourgeoisie locale et plusieurs grandes entreprises contre l’intérêt des riverains. Il a fallu la mort malheureuse de Rémi Fraisse pour que l’État décide d’interrompre ce projet inutile et ravageur. Le barrage de Sivens devait être construit sur une zone humide, mais la mobilisation qui s’est accrue au fil des semaines a mis en lumière les violences policières. C’est une belle coïncidence si ces deux décisions de justice arrivent le même jour, mais nous ne devons pas attendre de la part de la justice un quelconque soutien. Nous savons que dans la majorité des cas les grands projets se finissent avant que la justice ne délibère.
Unité contre l’État, les flics et les fachos !
La stratégie du droit environnemental seule, si elle n’est pas couplée à une stratégie de construction d’un mouvement social large, reste une illusion [1]. De plus, nous savons d’ores et déjà que l’État a prévu de faire appel et il fera tout pour forcer une reprise des travaux de l’A69. Il est donc nécessaire que la lutte continue. Pour ce faire, les différentes forces d’oppositions doivent continuer à se parler et s’organiser ensemble dans la diversité des tactiques. La radicalité parfois nécessaire de certaines actions ne doit pas empêcher la solidité d’une alliance inter-organisations et en dialogue constant avec la population, dont une importante partie ne souhaite pas cette autoroute.
Enfin, nous rappelons la violence de la répression policière et de nervis fascistes locaux exercée contre les opposantes et opposants. La mort de Rémi Fraisse, et d’autres avant et après lui, nous montrent que l’État et les fachos ne reculeront devant rien pour défendre les intérêts du capitalisme. Nous assurons notre solidarité à toutes celles et ceux qui sont encore poursuivies et qui ont subi des violences physiques et psychologiques.
L’UCL continuera à soutenir cette lutte, ainsi que les mouvements contre d’autres projets inutiles imposés. Nous promouvons une société libérée du capitalisme et de l’État où l’aménagement du territoire est décidé en fonction des besoins réels par la démocratie directe et les populations locales.
Marius et Marcel (UCL Toulouse)





