Kanaky : Un savoir-faire colonial« made in France »

Alors que nous dénonçons ce mois-ci la 40e année d’emprisonnement de Georges Ibrahim Abdallah à Lannemezan en France, il est impossible de ne pas faire le lien avec l’actualité brûlante du colonialisme français en Kanaky.
C’est en France métropolitaine, à Mulhouse Lutterbach, qu’est détenu le président du FLNKS et porte-parole de la CCAT, Christian Tein, depuis le mois de juin. Et il n’est pas seul. Avec lui sept prisonniers politiques ont été déportés en métropole, à 20 000 km de chez eux. Et force est de constater qu’un mouvement de solidarité reste encore à construire pour les faire libérer.
Le colonialisme sème la mort
Dans ce contexte, le nombre de morts en Kanaky ne cesse de croître. Treize sont officiellement recensées. Le 19 septembre dernier, deux kanaks ont été tués dans une opération de maintien de l’ordre colonial du GIGN dans la tribu de Saint-Louis, dont une exécution sommaire montrant bien la barbarie des forces armées françaises. Rappelons d’ailleurs que cette tribu est déjà soumise à un état de siège, ne pouvant pas se déplacer autrement qu’à pied et victime de contrôles réguliers.
Pendant ce temps, Sonia Backès, leader de la droite calédonienne, propose déjà d’utiliser les dernières cartes du colonialisme : séparatisme, partition, apartheid.« Au même titre que l’huile et l’eau ne se mélangent pas, je constate à regret que le monde kanak et le monde occidental ont, malgré plus de 170 années de vie commune, des antagonismes encore indépassables », a-t-elle déclaré. Une proposition qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler la situation à Mayotte et dans le reste des Comores…
un patronat prédateur
Fin août, l’un des principaux employeurs de l’archipel, l’usine de nickel KNS, décide dans ce contexte de licencier plus d’un millier de salariées. Nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui ont perdu leur travail suite aux révoltes de mai. L’USTKE [1] a d’ailleurs ouvert une banque alimentaire pour faire vivre la solidarité [2].
Alors que le mouvement anti-impérialiste de soutien à la Palestine continue de mobiliser la population, les initiatives de soutien à l’indépendantisme kanak sont encore faibles. Ce qui fait exister la solidarité avec la Palestine, ce n’est pas juste la gauche mais la mise en mouvement de la jeunesse, des quartiers populaires, et surtout des personnes issues de l’immigration historiquement attachées à cette lutte, et dont bénéficie moins la Kanaky.
Il est donc nécessaire, en tant que révolutionnaires en France ayant un intérêt matériel à affaiblir notre État, et idéologique à combattre les discours colonialistes qui pavent la voix au racisme et à l’extrême droite, de faire vivre la solidarité avec le peuple kanak.
Les initiatives conjointes contre l’impérialisme français sous toutes ses facettes doivent donc se multiplier, et l’ouverture de caisses de solidarité permettrait d’organiser des évènements de soutien.
Judi (Caen)





