Lire : Martin Thibault, « Les Têtes hautes »

Dans ce livre il est question d’un atelier de maintenance ferroviaire, d’un groupe d’ouvriers qui y bossent et qui chaque vendredi 13 jouent ensemble au loto. Le narrateur travaille là-bas depuis (trop) longtemps et n’a guère d’illusions : « N’avoir rien construit d’autre que la lutte au boulot, avoir laissé filé d’autres rêves pour une belle cause. »
L’annonce un lundi matin à la reprise, que cette fois-ci la grille – peut-être plus rassembleuse que la lutte syndicale ou la grève d’ailleurs ! – est gagnante, va bousculer d’une façon ou d’une autre un ordinaire fait de précarité, de solidarité et d’amitié.
Peut-on déserter l’usine et ne pas trahir ses collègues, son mandat syndical, sa classe sociale ?
Les parallèles avec le livre À la ligne de Joseph Ponthus sont évidentes même si la veine est plus syndicale. Martin Thibaut dont c’est le premier roman est par ailleurs le co-auteur avec Sophie Béroud du formidable livre En luttes ! (Raisons d’agir, 2021) sur l’union syndicale Solidaires. Une question reste en suspens : ses terrains de recherche ont-ils nourri ce texte à la fois sobre et touchant ?
Gile (sympathisant de Brest)
- Martin Thibault, Les Têtes hautes, Do, 2025, 176 pages, 17 euros.






