Lutte victorieuse : Georges Ibrahim Abdallah, enfin libre et toujours debout !

Après 41 ans d’incarcération en France, Georges Ibrahim Abdallah est enfin libre au terme d’une victoire judiciaire mais aussi militante de plusieurs années. Retour sur la mobilisation pour sa libération.
Enfin libéré Georges Ibrahim Abdallah ! Resté 41 ans en prison pour avoir refusé de dire ces simples mots « je regrette ». Ancien militant des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), il a été incarcéré pour l’assassinat d’un diplomate américain et israélien en 1982, ce qu’il a toujours nié avoir commis mais n’a jamais désavoué politiquement.
Malgré sa possible libération depuis 1999, celle-ci a été refusée par tous les gouvernements français sous les pressions du département d’État américain. Retourné au Liban où il a été accueilli dans la liesse, il a interpellé la passivité des opinions publiques arabes et particulièrement de celle égyptienne face au génocide à Gaza. Il a également lors d’une interview [1] rappelé les responsabilités française et américaine dans le massacre de Sabra et Chatila.
Quatre décennies de mobilisation
La mobilisation pour la libération de Georges est déjà un épisode politique marquant de l’histoire sociale et des luttes de l’immigration, décoloniales et des quartiers populaires qui en ont été le fer de lance. Cette mobilisation a été initiée par un comité national pour sa libération créé dans les années 1990 et s’est traduite par des manifestations annuelles en direction de la prison de Lannemezan où Georges était incarcéré, par des dizaines de comités dans les principales villes de France, des prises de décision courageuses d’organisations comme le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) qui a fait de Georges Ibrahim Abdallah son président d’honneur en 2015, ou encore des mobilisations locales comme celle des habitants et habitantes de Bagnolet en 2013 qui ont amené la municipalité à le nommer citoyen d’honneur de la ville. La mobilisation pour Georges a fait corps avec celle pour la Palestine et même plus largement.
Les mobilisations ont eu lieu également à l’international, au Liban bien sûr et même au Maghreb. Elles ont convergé avec celles de figures palestiniennes incarcérées par Israël comme Marwan Barghouti ou Ahmed Saadat, ou encore aux USA avec Mumia Abu-Jamal et Leonard Peltier (la mobilisation du premier lui a évité la peine de mort, le second a vu sa peine commuée en résidence surveillée cette année). Ces autres campagnes de libération non abouties doivent nous faire relativiser l’idée d’une victoire en demi-teinte après 41 ans d’incarcération, rappelant que Georges n’est pas un cas isolé. Nos mobilisations doivent faire payer le prix des incarcérations par un dévoilement de la férocité et de l’hypocrisie des impérialistes et par autant d’occasions d’éducation populaire et politique de masse ! Georges Ibrahim Abdallah a bien formulé la raison de sa libération comme nous le formulions il y a un an [2] : « S’ils ont accepté de me libérer, c’est grâce à cette mobilisation qui est ascendante » [3].
Dans cette période de génocide colonial à Gaza, portant le sceau du diktat de la « guerre au terrorisme » qui nous conduit aujourd’hui à un processus de fascisation avancé, sa libération cet été fut un moment de rare victoire et de joie qu’il ne faut pas bouder !
Nicolas Pasadena (UCL Montreuil)





