Culture

Luttes trans et intersexes : ExisTransinter, une nécessité politique




Chaque année, les personnes trans et intersexes manifestent avec leurs alliées pour leurs droits. Après une année à lutter contre des attaques de plus en plus sévères, l’heure de la contre-offensive a sonné. Ce 12 octobre, il s’agira d’imposer nos revendications, de construire une convergence encore trop fragile avec le mouvement social et les militants et militantes de gauche.

L’ExisTransInter, la marche annuelle de revendication pour les droits des personnes trans et intersexes, aura lieu le samedi 12 octobre à Paris. Elle intervient cinq mois après la mobilisation contre la proposition de loi ciblant l’accès aux soins pour les mineures trans, et il est peu de dire que l’actualité n’en est pas restée là.

Depuis le vote de cette loi par le Sénat le 28 mai, nous avons vécu les élections européennes puis une dissolution qui a plongé les personnes opprimées dans l’effroi pendant un mois. Au milieu du déversement rance de la campagne électorale, où les violences se sont déchaînées contre les personnes racisées, Emmanuel Macron s’est en bonus fendu d’une remarque transphobe. Une stratégie assumée pour surfer sur la vague de peur et de haine lancée plus tôt dans l’année.

Après le relatif soulagement du second tour, les Jeux olympiques de Paris (JOP) ont débuté. Le Comité international olympique avait fixé à cette occasion des recommandations discriminantes et irréalistes contre les femmes trans : elles devaient avoir transitionné avant 12 ans. Il n’y en avait donc pas au sein des délégations. Ça n’a pas arrêté les organisations anti-trans, qui attendaient les JOP avec impatience pour pousser leur idéologie. Elles ont donc « créé » leur bouc-émissaire de l’été, par une campagne transphobe, intersexophobe et raciste contre la boxeuse Imane Khelif.

Une volonté unitaire fragile

Ce 12 octobre, ce sera donc l’occasion de prendre une posture offensive, d’imposer nos thèmes et de construire nos solidarités. À ce titre, cette année présente une avancée  : les organisations politiques et syndicales sont explicitement invitées à venir faire cortège et prendre la parole. C’est une décision fragile, les associations trans étant historiquement frileuses à travailler avec le reste du mouvement social. Cela vient d’une crainte de récupération politique et de divergences jugées indépassables.

Des événements récents ont malheureusement apporté de l’eau au moulin de cette fracture. D’une part, lors de la mobilisation de mai, la stratégie mouvementiste et opportuniste du Pain et des Roses (organisation féministe de Révolution permanente) a fortement agacé. D’autre part, fin juillet, le communiqué intersyndical se réjouissant du maintien de la loi anti-prostitution de 2016 a encore creusé le fossé entre les syndicats de lutte, qui se revendiquent abolitionnistes, et la majorité des associations trans, qui défendent la reconnaissance du travail du sexe.

Pour autant, personne ne bénéficierait d’un isolement du mouvement trans. Il va falloir prouver que l’on peut travailler ensemble et faire évoluer les positions, petit à petit.

Appel à soutenir l’ETI

L’ExisTransInter est un moment important et cette année l’a rendu crucial. Mais les structures qui la portent manquent des ressources nécessaires à ses besoins logistiques et financiers. Nous appelons les structures et les militantes à contribuer à la récolte de fonds, à communiquer sur la marche et à s’engager pour être bénévoles (au cortège calme ou, pour les orgas de confiance, au service d’ordre). Et bien évidemment, à venir rendre massive la manifestation.

Chloé (UCL Grenoble)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut