Lyhanna : négligence d’État

Chaque lundi de ce mois de juin, les parvis des tribunaux français ont résonné des slogans des collectifs féministes et enfantistes appelant à se mobiliser contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Une séquence qui devrait avoir pour point d’orgue les grandes manifestations prévues, à l’heure où l’on écrit ces lignes, le dimanche 28 juin.
La raison à cette colère ? Les systèmes judiciaires et exécutifs français, pointés du doigt après le drame de l’affaire Lyhanna, collégienne de 11 ans assassinée par un homme qui faisait pourtant l’objet (notamment) d’une plainte pour viols sur mineure déposée 9 mois auparavant.
Le pré-rapport d’enquête est catégorique : « un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure », tandis que les magistrats et magistrates témoignent de conditions de travail éprouvantes dans un contexte politique où l’on préfère donner des moyens pour des descentes de stups plutôt que dans la lutte contre les violences sexuelles.
Sébastien Lecornu, notre bien-aimé chef du gouvernement, n’a vu en cela « ni un simple dysfonctionnement administratif ni un manque de moyens », mais plutôt une succession d’erreurs individuelles. Peut-être devrait-on lui rappeler l’existence d’un autre rapport : celui de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), dont seulement 3 des 17 mesures d’urgence ont été mises en œuvres, alors que ces propositions ont été faites… il y a trois ans de cela.
UCL, 28 juin 2026





