Mois des fiertés Pour une contre-offensive LGBTI

Depuis la dépénalisation puis la dépsychiatrisation de l’homosexualité dans les années 1980, c’est par nos luttes et celles de nos prédécesseurs et prédécesseuses que nous avons conquis de nouveaux droits.
L’accès au mariage en 2013, la modification de la mention de sexe à l’état civil depuis 2016 sans obligation de chirurgie ou encore l’accès à la PMA pour les femmes cisgenres en 2021 n’ont néanmoins pas été obtenus sans opposition et l’année 2012-2013 du mariage pour toustes reste gravée dans les mémoires de nos communautés par sa violence.
Face à l’offensive réactionnaire...
Encore aujourd’hui, la marche en avant pour nos droits semble à l’arrêt. Les attaques réactionnaires et les manques de financements récurrents pour l’application des politiques anti-discriminations rendent ces dernières utopiques, notamment pour les personnes migrantes, les résidentes des néo-colonies dites d’« outre-mer » et des zones rurales.
Cette situation n’est pas exclusive à la France puisqu’à l’international nous assistons à une offensive contre les droits LGBTI. Nos adelphes [1] voient leurs droits à la parentalité retirés en Italie, iels [2] sont à nouveau emprisonnées au Burkina Faso comme dans 64 autres pays, des rafles s’organisent au Sénégal, la commission européenne refuse d’interdire les thérapies de conversion dans l’UE... En 2026, nous mourrons encore d’être LGBTI. Aux États-Unis, où un risque génocidaire contre les personnes trans a été attesté, la situation est particulièrement inquiétante. Pas seulement localement où le Parti républicain a fait de la transphobie un tremplin stratégique pour construire un « ennemi intérieur » et contrôler les corps ; mais dans l’ensemble d’un monde capitaliste où la politique états-unienne est érigée en modèle et sert d’exemple à tous les partis d’extrême droite, y compris le RN en France. Et pour les soutenir : des milliardaires comme Vincent Bolloré et Pierre-Edouard Stérin bien décidés à nous criminaliser dans le débat public à travers les médias et structures culturelles qu’ils contrôlent.
...organiser la riposte
Face à ce constat sombre, une évidence s’impose : la solidarité et la lutte contre l’extrême droite sont des nécessités vitales. Nos milieux ont toujours été des espaces antifascistes et doivent le rester. Non seulement pour défendre nos droits, mais aussi pour en conquérir de nouveaux : meilleur accès à la santé, simplification et dépsychiatrisation des parcours de transition, accès à la PMA pour les personnes trans, fin des discriminations au travail et au logement, fin du fichage lors des demandes de changement d’état civil, application réelle du programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) dans tous les établissements scolaires... mais encore d’autres modèles d’amour, de genre, de vieillesse, de famille et de société à substituer au modèle patriarcal.
Face aux oppressions, les marches de fiertés sont autant un lieu d’espoir et de joie que de résistance. La multiplication des prides, notamment en ruralité, est une preuve vivante de la force de notre nombre et marque notre détermination à combattre les violences réactionnaires. Il est important que ces prides restent politiques et antifascistes. Nous ne marchons pas seulement pour nous rassembler, nous marchons pour renverser un système qui nous opprime et accélère ses alliances pour effacer nos droits. Nos fiertés n’ont ni frontières ni œillères : manifestons pour une solidarité LGBTI antifasciste internationale.
Commission Antipatriarcat de l’UCL





