Syndicalisme

Nantes : La création d’un syndicat ­d’industrie de la construction




Lors du mouvement contre la réforme des retraites de 2023, les écoles d’architecture ont elles aussi connu un mouvement de contestation. Ce mouvement, s’il n’avait au début qu’une portée corporatiste, a fini par rejoindre les manifestations et revendications du mouvement social. À Nantes, plusieurs travailleurs et travailleuses isolées, architectes et ingénieures, se sont alors syndiquées à l’Union locale CGT. Se regrouper, rompre l’isolement, un syndicat d’industrie local est né.

Lors de la création du syndicat, nous avons pris appui sur nos camarades de la jeune CGT Archi 31 pour démarrer rapidement nos activités. Nous partions de loin : le secteur n’est presque plus organisé depuis 2008, période où le Syndicat national CGT architecture urbanisme métré a été dissout à la suite d’un conflit avec la fédération de la Construction.

Nous intervenons en amphithéâtre à ­l’école d’architecture de Nantes pour faire de l’information syndicale avec initiation au droit du travail et à la convention collective, ainsi que présenter notre syndicat. Nous participons également à des tractages devant des chantiers avec la fédération de la Construction. Il s’agit des campagnes sur les questions des travailleurs et travailleuses sans-papiers et des mortes et morts au travail. La France est le 3e pays d’Europe ayant le plus de morts et mortes au travail dont une grosse partie travaillait dans le bâtiment.

Enfin, nous tenons une permanence syndicale bi-hebdomadaire dans laquelle nous développons le syndicat et recevons de plus en plus de personnes souhaitant s’engager. Nous travaillons aussi à la structuration du syndicat à plus long terme. Nous élaborons une cartographie des entreprises de la construction locale pour pouvoir prochainement établir des stratégies de syndicalisation adaptées à notre environnement.

Les déléguées syndicaux et syndicales de la région sont ravies de voir des jeunes se syndiquer, encore plus lorsqu’ils et elles sont actives et motivées. Le syndicat grandit vite et se structure actuellement autour de la section AUBE (architecture, urbanisme et bureaux d’études) car nous ne comptons pas encore d’ouvriers parmi nous.

Un syndicat d’industrie local

Dès le début, se structurer en « syndicat d’industrie » s’est imposé face au constat que nous participions à la même chaîne de production et que nous avions intérêt à nous organiser ensemble compte tenu de notre effectif réduit. Cette forme nous permet de sortir des oppositions entre travailleurs et travailleuses de la construction (architectes, ingénieures et ouvrieres...), et de développer la conscience et les solidarités de classe en rompant l’isolement. La branche étant composée de nombreuses TPE où il est difficile de militer dû à la proximité avec les patrons.

Les fédération nationales CGT des salariées de la construction, bois et ameublement et des sociétés d’études ont plutôt une stratégie de syndicats d’entreprise. Notre structuration bouscule donc quelques habitudes, mais nous avons reçu un accueil positif de leur part lors de notre congrès constitutif.

Nous avons pour objectif de développer notre ancrage territorial et interprofessionnel pour avoir une meilleure prise sur les luttes locales en travaillant avec d’autres syndicats [1] ainsi que les collectifs de luttes locales [2] . Tous ces liens nous permettent d’ores et déjà de donner à nos activités une place importante à l’anticapitalisme, au féminisme, à l’antiracisme, à l’écologie et à d’autres fronts de lutte pour développer un réel syndicalisme de rupture.

Des archis libertaires de Nantes

[1Unions locales, Solidaires étudiant-e-s, Syndicat national des écoles d’architecture…

[2COLERE [Anti-CRA], Gasprom - Association de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s, Droit au logement.

 
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