Netanyahou/Gallant : Condamnation juste,complicités obscènes

Le 21 novembre, la Cour pénale internationale (CPI) rendait son verdict sur le cas de Netanyhou et son ancien ministre de la défense Yoav Gallant, jugés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Tous deux ont été condamnés pour avoir affamé Gaza, dirigé intentionnellement une attaque contre les populations civiles, et pour le meurtre et la persécution infligés au peuple palestinien. Enfin !
C’est une décision importante, qui fragilise la position d’Israël à l’échelle internationale. Pour la première fois, la CPI se prononce contre des dirigeants occidentaux alliés de l’impérialisme américain ! Malgré les pressions et menaces exercées par Israël sur la Cour depuis des années [1], elle a reconnu les crimes commis par l’État sioniste. Il est cependant regrettable que la qualification de génocide n’ait pas été retenue, et que la Cour ait condamné dans le même mouvement Mohammed Deif, dirigeant de la branche armée du Hamas à Gaza dont Israël a pourtant annoncé l’assassinat en août. Ces condamnations simultanées continuent de diffuser une « image faussement symétrique de la situation en Palestine » [2], comme si nous n’étions pas face à une guerre coloniale.
Et maintenant, quelles conséquences ?
Désormais, les États membres de la CPI, dont la France, sont légalement tenus d’arrêter les condamnés s’ils se rendent sur leur territoire. Certains ont annoncé qu’ils se conformeraient à leurs obligations, d’autres ont remis en cause la décision. Les États-Unis ne sont pas membres de la CPI mais Trump et Biden ont exprimé en chœur leur indignation : rien ne ressemble plus à un génocidaire républicain qu’un génocidaire démocrate.
Dans un communiqué confus, la diplomatie française a inventé qu’Israël bénéficierait d’une « immunité ». C’est bien sûr absurde juridiquement, mais le comble de la honte est atteint lorsqu’elle assure les génocidaires de son « étroite collaboration » ! Selon plusieurs articles de presse sortis dans les jours suivants, ce communiqué aurait été négocié par Israël en échange de sa signature de l’accord de cessez-le-feu au Liban – cessez-le-feu aussitôt violé par l’armée israélienne.
Les génocides ne s’arrêtent pas d’eux-mêmes. Ils ne s’arrêtent pas non plus par des condamnations des dirigeants, aussi importantes soient-elles. Rafah est devenue un champ de ruines, la famine est toujours en cours à Gaza, la sauvagerie de l’armée sioniste se déchaîne sur Gaza, et les tortures et condamnations administratives se multiplient [3]. En Syrie, Israël a profité de la situation ouverte par le renversement d’Assad pour bombarder le pays, dans le but d’augmenter la taille de ses colonies dans le plateau du Golan annexé.
Lorsque les États sont complices, c’est aux peuples de se lever. Il est plus que jamais urgent de développer et renforcer la campagne « Stop Arming Israel » et le mouvement BDS, pour isoler politiquement, économiquement, diplomatiquement et militairement Israël. Parallèlement, la lutte pour la libération des résistants et résistantes emprisonnées est fondamentale : la campagne pour la libération de Khalida Jarrar, militante féministe et résistante Palestinienne placée à l’isolement depuis plus de quatre mois, et de Georges Ibrahim Abdallah, militant de la résistance Palestinienne enfermé par la France depuis plus de quarante ans, sont urgentes pour notre combat anti-impérialiste.
Daniel (UCL Lyon)





