Nouvelles techniques génomiques : La FNSEA et l’agro-industrie forcent pour plus d’OGM

Au début des années 2000, les actions des « faucheurs volontaires » et de la Confédération paysanne ont permis d’encadrer et de limiter la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans l’Union européenne (UE). Cette dernière, avec l’aide de l’agro-industrie et de puissants syndicats agricoles, tente de faire passer des semences qui n’apparaîtront plus comme OGM.
Un OGM est obtenu par l’introduction dans le génome d’un être vivant d’une portion d’acide désoxyribonucléique (ADN) ou de gène issu d’une autre espèce afin de lui conférer de nouvelles capacités : la transgenèse. Ainsi, le maïs « Monsanto 810 », obtenu par l’introduction d’un gène d’origine bactérienne, permet à la plante de produire une molécule insecticide.
Des « OGM lights »
La droite européenne tente de trouver la parade pour permettre la mise sur le marché de nouvelles semences génétiquement modifiées. Elle est soutenue par l’agro-industrie et les syndicats de l’agriculture intensive avec en tête un des lobbys les plus puissants de France pour le modèle productiviste agricole : la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA).
Les nouvelles techniques génomiques (NTG), que l’on peut aussi appeler « OGM light », introduisent artificiellement un gène issu d’une autre variété de la même espèce. Les risques ne seront pas diminués, bien au contraire, car ces NTG étant considérés comme des semences traditionnelles, ne seront pas soumis aux contraintes des OGM. De ce fait, la plupart des OGM/NTG ne seront plus évalués, ni étiquetés. Les consommateurs et consommatrices qui n’en veulent pas en achèteront ainsi sans le savoir.
Les paysans et paysannes n’auront aucune garantie que les semences achetées ne sont pas des OGM/NTG. Les petits semenciers pourront facilement être attaqués en justice pour contrefaçon, car incapables de prouver que leurs semences contiennent naturellement une information génétique semblable à celle décrite dans le brevet industriel. Un risque de croisement de ces mutants avec les végétaux de leur environnement proche n’est pas à exclure. Ces cultures pourront donc contaminer les cultures de la filière biologique (et sans OGM). Ultime infamie, l’agro-industrie a réussi à faire passer le fait que les agriculteurs et agricultrices deviennent les seules responsables d’éventuels dommages environnementaux et sanitaires des OGM/NTG !
Début décembre, les députées européennes et les États membres de l’UE ont trouvé un accord pour permettre l’introduction des OGM/NTG. Cet accord doit encore faire l’objet d’une adoption formelle par les États membres au Conseil et par les eurodéputées lors d’un vote final en plénière du Parlement avant d’entrer en vigueur.
D’ailleurs, Pascal Canfin, député européen macron-écologiste salue une « excellente nouvelle », avec « davantage de solutions pour lutter contre les pénuries d’eau, la sécheresse, la hausse des températures ». Ne tombons pas dans ce piège qui veut nous faire croire que la technologie nous sauvera du désastre. La culture des OGM à travers le monde depuis plus de 30 ans n’a jamais été une réponse aux dérèglements climatiques ou à la chute de la biodiversité. Seule une agriculture paysanne, locale, débarrassée des dépendances des multinationales de l’agro-industrie sera capable de nous nourrir convenablement et de diminuer les conséquences des activités humaines sur l’environnement.
C. (UCL Fougères)






