Antifascisme

Perspectives antiracistes : L’alliance des tours et des bourgs, ou comment faire classe




Le week-end des 11 et 12 janvier, deux demi-journées de réflexion se sont tenues à Pantin (Seine-Saint-Denis). Elles faisaient suite à un précédent meeting, intitulé « Que faire ? », organisé après les législatives de juin 2024. La thématique choisie pour ce nouveau rendez-vous, « l’alliance des tours et des bourgs », reprenait l’opposition créée médiatiquement depuis plusieurs années entre les classes populaires blanches rurales et celles urbaines racisées.

La rhétorique d’opposition entre tours et bourgs a retrouvé un écho dernièrement par sa reprise par François Ruffin. Ce week-end nous a réunies pour en discuter, aux côtés des Soulèvements de la Terre, Autonomie de classe, du NPA-A, du POI, de membres de l’Institut de la Boétie, de députés de La France insoumise ainsi que de militants décoloniaux du QG décolonial/Parole d’honneur et d’autres, sur différents temps de discussions. Nous sommes pour notre part intervenues dans la plénière de clôture intitulée « Défaire le nœud du racisme, refaire peuple » [1].

Notre prise de parole s’est axée sur une analyse des contestations sociales marquantes des tours et des bourgs, en revenant brièvement sur les Gilets jaunes puis sur les révoltes des banlieues à la suite du meurtre de Nahel. Nous avons aussi développé la compréhension du racisme comme justification d’un état de surexploitation et de politiques coloniales et impérialistes bien actuelles et comme étant une entrave première à toute révolution ou horizon socialiste. Les luttes antiracistes et anti-impérialistes doivent faire partie de nos priorités. Nous avons réaffirmé le besoin d’une solidarité réelle avec les Outre-mer, victimes du colonialisme français, ou encore identifier la menace de la « guerre au terrorisme » qui justifie les guerres impérialistes depuis des décennies et qui permet le ciblage des musulmanes et le recul de nos libertés. Il nous faut parler en nos termes et non selon comment le débat a été posé : nous cherchons à recréer une conscience de classe, au-delà du racisme, pour construire notre rapport de force en vue d’une révolution socialiste. Non pas uniquement « faire peuple », car nous ne voulons pas faire peuple avec les capitalistes.

Ce qui réunit les tours et les bourgs, c’est le travail. Les syndicats peuvent aussi se faire supports et outils pour mener la lutte antiraciste contre les discriminations au travail, par exemple contre l’exclusion des femmes voilées. Une porte a été ouverte avec le travail du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qu’il nous incombe de poursuivre en tant que syndicalistes.

Ce discours révolutionnaire a pu paraître en décalage avec nombre des intervenantes qui sont proches de La France insoumise (LFI) ou qui ont un profil plus intellectuel. Notre démarche dans ce cadre n’était pas de tirer sur LFI, mais d’expliquer que nous ne pouvons pas nous reposer sur eux et elles dans la construction d’un rapport de force nécessaire pour arracher des victoires à la bourgeoisie et, à terme, renverser ce système capitaliste qui nous écrase. Nous remplissons à l’UCL un rôle différent. Nous tentons à notre échelle d’organiser notre classe à travers l’outil syndical et, plus largement, de contre-pouvoirs, que l’on définit comme étant combattifs, massifs et démocratiques, en vue de construire une rupture révolutionnaire puis d’établir un réel pouvoir populaire.

Louna (commission Antiracisme de l’UCL)

[1«  Défaire le nœud du racisme, refaire peuple  », plénière de clôture disponible sur la chaîne YouTube de Parole d’honneur.

 
☰ Accès rapide
Retour en haut