Histoire

Réédition : Syndicalistes et libertaires. Une histoire de l’UTCL




L’Union des travailleurs communistes libertaires, c’est une des racines importantes de l’actuelle UCL. Raconter son itinéraire, des luttes de 1974 à l’irruption des coordinations de grévistes en 1986, c’est avoir en toile de fond une tranche d’histoire du mouvement ouvrier.

En avril 1976, un groupe de ­jeunes ouvriers est exclu de ­l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) et fonde ­l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL).

C’est l’époque de la « fin du gauchisme » dopé par Mai 68. La révolution n’était finalement pas au coin de la rue : on ne peut plus se contenter de faire de l’agitation slogandaire, il faut une stratégie révolutionnaire de moyen terme. D’où des débats de plus en plus tendus au sein de l’ORA sur l’orientation à prendre. La majorité, rebaptisée Organisation communiste libertaire (OCL), va faire le choix du spontanéisme anti-organisationnel, et connaître un rapide déclin. La minorité UTCL va faire le choix d’un investissement dans le syndicalisme d’action directe et va se retrouver engagée dans la résistance au recentrage de la CFDT.

Coordination protestataire

Alors que, dans les années 1980, le reflux des luttes est fatal à une partie de l’extrême gauche, l’UTCL survit en liant son destin à cette gauche syndicale qui, ­misant sur les luttes collectives et se référant à l’autogestion, engendrera les syndicats SUD dans la décennie suivante.

Des grandes grèves de 1974 à la lutte des « camions jaunes » en 1989, en passant par l’irruption des coordinations de grévistes en 1986 à la SNCF, et par les tintamarres protestataires des mécaniciens au sol dans le secteur aérien, raconter l’histoire de l’UTCL c’est avoir en toile de fond une tranche d’histoire du mouvement ouvrier. On y retrouve des débats méconnus et des coups politiques – comme le cortège « pour l’unité » du 1er mai 1980 – pour imposer la nécessité d’une unité des travailleuses et des travailleurs à la base, en dépit de la division des bureaucraties syndicales CFDT et CGT de l’époque. L’UTCL finira par se dissoudre en 1991 dans Alternative libertaire, une nouvelle organisation qui se voulait plus large, et ­permit notamment un renouvellement générationnel.

La première édition de ce livre, en 2013, était bien plus volumineuse [1]. Dans cette version révisée et synthétisée par Théo Roumier, les annexes ont disparu pour alléger l’ensemble. Elles ont été placées en accès libre sur le site de l’UCL, où l’on peut retrouver un album photo, deux entretiens – un sur l’ORA et un avec douze anciennes et anciens de l’UTCL – et le texte de bilan autocritique de l’UTCL, adopté lors de son ultime congrès en 1991 [2].

C’est à la fois un document historique sur une époque – les années 1980 – moins ingrate qu’on pourrait le penser en termes de luttes, et un outil de formation et de politisation utile pour toutes et tous les révolutionnaires.

Guillaume (UCL Montreuil)

  • Livre : Théo Roumier, Syndicalistes et libertaires. Une histoire de l’UTCL (1974-1991), éd. Alternative libertaire, 2025, 240 pages.

[1Théo Roumier, Syndicalistes et libertaires. Une histoire de l’Union des travailleurs communistes libertaires (1974-1991), éd. Alternative libertaire, 2013, 316 pages.

 
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