Pleins feux

Rentrée sociale : Ripostons contre l’offensive bourgeoise




Face à la casse sociale du gouvernement Bayrou, face à la politique militariste et impérialiste de l’État, organisons-nous pour riposter dès la rentrée sociale ce 10 septembre.

Ayant attendu la fin de la session parlementaire, François Bayrou a annoncé mardi 15 juillet de quoi serait fait sa proposition de budget pour la rentrée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la note est salée. On l’avait déjà entendu clamer que 40 milliards d’euros d’économies devraient être faits, ils en ont mis un peu plus pour la route. 44 milliards d’euros d’économies sont annoncés. Tout cela sous prétexte de ramener le déficit public pour l’année à venir à un peu plus de 4 %. Tout cela pour plus ou moins préserver une sacro-sainte règle budgétaire, mise en grave péril par les petites cachotteries de Bruno Lemaire, ministre de l’Économie et des Finances pendant plus de sept ans, qui avait en effet laissé un déficit imprévu et record.

Ce budget frappe fort et dur. Année blanche pour les dépenses d’État, qui seront donc réduites mécaniquement par l’inflation. Suppression de deux jours fériés. Non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, alors même que la fonction publique est déjà vieillissante. Attaque en règle sur le dispositif affection longue durée (ALD), dont bénéficient une Française sur cinq : des médicaments moins bien remboursés et une exclusion du dispositif pour les patients et patientes « en rémission ».

Et tout cela pour rien ! En effet pour résorber le déficit, ce budget prévoit une croissance du PIB de 1,2 % pour l’année prochaine, alors que celle-ci ne sera que de 0,7 % en 2025. La grande majorité des pays du nord économique parviennent à se maintenir autour de 1 %. Nos économies occidentales peinent donc à créer davantage d’activité et à produire plus de biens ou de services. Mieux encore, ce budget avec lequel Bayrou entend sauver le pays pourrait miner encore plus la croissance française. En limitant les investissements publics, les dépenses de l’État, l’activité pourrait baisser encore davantage. Le FMI lui-même avait fini par reconnaître, après la catastrophe grecque, que l’austérité était une idiotie.

Même des journaux tels que Le Monde ou Les Échos ne peuvent plus faire l’impasse sur la consternation de nombres d’économistes. Cette politique doit nous rappeler que l’État n’est rien de plus que le dispositif d’oppression de la classe dominante. Difficile de feindre d’ignorer que ce budget ne sert que les capitalistes. Pour continuer à accumuler toujours plus de capital malgré la croissance à l’arrêt, la bourgeoisie n’a plus d’autres choix que de s’en prendre frontalement aux travailleurs et travailleuses. Leur objectif est simple : nous arracher encore davantage de la richesse que nous produisons.

Dans sa conférence de presse du 25 août, François Bayrou annonce qu’il va solliciter un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre.
Gouvernement français

S’unir contre une politique militariste

Et comme autre face de la même pièce, nous trouvons le militarisme : le budget de l’armée échappera à cette hécatombe et verra son enveloppe grossir de 3,5 milliards d’euros pour l’année prochaine. « Jamais, depuis 1945, la liberté n’avait été si menacée et jamais à ce point », avait asséné Macron, juste avant que ne soit annoncée la mise en place d’une version militarisée de la Journée défense et citoyenneté (JDC) pour les jeunes de moins de 25 ans.

En effet un problème crucial mine la dynamique capitaliste : ses acteurs veulent voir leur capital toujours s’accroître et pour cela ils ont besoin de vendre toujours plus. Mais vendre à qui ? Si ce n’est à des salariées dont, par ailleurs, ils cherchent à limiter la rémunération ? En somme, les travailleurs et travailleuses devraient pouvoir tout acheter alors que les bourgeois essayent de réduire le plus possible la part de la richesse produite qui rémunère le travail. La solution de nos dirigeants, pour gagner sur les deux tableaux, est l’export. Les sociétés capitalistes doivent toujours trouver des débouchés pour leurs marchandises dans des marchés secondaires. Par-là, ils peuvent comprimer leurs coûts à domicile et réaliser leurs profits ailleurs. C’est là le cœur du projet impérialiste. Aujourd’hui, comme il y a un siècle, le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage. Ce que nous voyons se déployer devant nous est une guerre contre les peuples.

Des AG sont organisées dans une grande partie des villes en France. Pour pouvoir faire perdurer le mouvement, nous devons impulser des dynamiques autogestionnaires et construire une grève tenue dans la durée.
Le Chant du Cygne

Le 10 septembre et au-delà

Un appel à bloquer le pays le 10 septembre semble recueillir l’assentiment d’une partie de la population. Il semble avoir été proposé en partie par des cercles confusionnistes et conspirationnistes. Certains peuvent donc craindre que l’extrême droite en soit plus ou moins à l’origine. Effectivement, nous avons pu constater qu’une constellation de « citoyens concernés » passés par le mouvement anti-vax souhaite s’investir. Mais nous ne pouvons nous arrêter là.

Un vrai sentiment de rejet de la politique gouvernementale s’est installé dans la population. Dans tout mouvement populaire, vivant, qui ne soit pas dirigé par un parti ou une centrale, on trouve forcément de la confusion politique. Ce sont les travailleuses et travailleurs en colère qui font vivre d’abord ces initiatives. Donc, soyons là ! Notre camp a déjà commis l’erreur de s’investir tardivement dans les Gilets jaunes, laissant proférer une confusion politique. Mais dès que nous y sommes allés, là où nous sommes allés, nous avons pu voir le mouvement se tourner vers la recherche de justice sociale.

L’UCL sera présente dans les manifestations du 10 septembre. Contactez le groupe local de votre ville pour faire partie de nos cortèges !

Mais il doit être hors de question de s’arrêter là ! Il va falloir nous mobiliser dans nos syndicats, dans nos associations, dans nos cercles ; nous devons construire une grève massive et reconductible. Nous avons tous et toutes en travers de la gorge le résultat de la lutte pour les retraites. Les grèves perlées ne seront plus tolérées par nos amies et collègues. Il nous faut construire un véritable rapport de force. Rappeler à nos dirigeants que c’est nous qui produisons et qu’ils ne sont rien sans nous. C’est la seule arme à laquelle ils sont vraiment sensibles. Si l’économie s’arrête, tout est possible pour les travailleuses et les travailleurs. L’UCL appelle donc tous ceux et toutes celles qui le peuvent à rejoindre le mouvement social partout où cela est possible, et à reconduire la grève sur trois jours consécutifs.

Il ne faudra pas s’arrêter si Bayrou renonce ou si le gouvernement est censuré. Quand nous arriverons à construire un mouvement, il faudra rappeler à tous et toutes l’état de guerre sociale dans lequel nous nous trouvons. Il faudra rappeler notre solidarité à la Palestine et exiger que le commerce d’armes cesse avec Israël, il faudra réclamer la fin de la réforme du RSA et de son travail forcé. Il faudra nous battre contre le validisme du gel des allocations et prestations des personnes handicapées. Il faudra rappeler que nous voulons la fin de l’exploitation et de la bourgeoisie capitaliste.

Wendelin (UCL Alsace)

 
☰ Accès rapide
Retour en haut