Répression syndicale : Bodet, l’heure de la solidarité a sonné !

Depuis plusieurs mois, Flo, délégué syndical SUD Industrie, est la cible d’attaques de la part de la direction de son entreprise, Bodet Time & Sport, basée à Trémentines (49). Il faut croire que ne pas avoir la langue dans sa poche et faire son boulot de représentant du personnel, çà irrite les patrons.
Élu depuis 12 ans au sein de l’entreprise, Flo n’a de cesse d’en défendre ses salariées. Il est attaché aux valeurs du syndicalisme autogestionnaire, bien éloignées du syndicalisme d’accompagnement qui prévalait jusqu’alors. Quand il faut remettre la direction face à ses responsabilités et défendre le droit des salariées, les ronds de jambe ne sont pas nécessaires. Surtout quand il s’agit pour la direction d’imposer un week-end de boulot.
Dès lors, tout va très vite. Le 3 avril il reçoit son courrier pour un entretien préalable au licenciement. Quatre jours plus tard, il est mis à pied avec effet conservatoire, sans solde. Le 15 avril se déroule son entretien préalable où trois faits lui sont reprochés, tous liés à son activité syndicale. Au niveau professionnel, Flo est irréprochable, comme le rappellera le directeur lors de la réunion extraordinaire du Comité social et économique (CSE) réuni le 17 avril pour statuer sur sa situation. Sans surprise, le CSE, où le syndicat SUD industrie est majoritaire, se prononce contre son licenciement. La direction persiste et saisit donc l’inspection du travail. L’inspection démarre une enquête contradictoire. Dès lors, Flo et ses soutiens vont prouver à l’inspection du travail qu’il est victime de répression syndicale et que, par le passé, il a été à de nombreuses reprises entravé dans l’exercice de ses mandats.
Cette procédure cherche clairement à faire taire un syndicaliste. La direction réactionnaire [1] de Bodet veut sa tête et ira jusqu’au bout ! Elle va jusqu’à demander au directeur de production de déposer une main courante, complètement délirante. Extrait : « Il m’a reproché durement avec des propos vexatoires de privilégier les commandes au social et au bien-être des salariés. » Il serait depuis en souffrance, ces propos l’obsèdent et il prend des anxiolytiques... Ce même directeur n’avait aucun scrupule à faire travailler des salariées le week-end, à imposer des heures supplémentaires en pleine canicule en juin 2026 ou à étouffer de véritables dossiers de harcèlements.
Un premier rassemblement de soutien, interprofessionnel et intersyndical, d’une centaine de personnes a eu lieu devant l’entreprise le 17 avril lors du CSE. Tout est mis en œuvre pour que le camarade ne perde pas de salaire et que les frais d’avocats soient pris en charge. Un élan de solidarité, initié à l’intérieur de son entreprise, s’est rapidement élargi jusqu’au niveau national.
Le 19 juin, l’inspection refuse le licenciement, mais en plus considère que Bodet « exerce une pression sur l’organisation syndicale et contrevient au devoir de loyauté de l’employeur ». Quant aux soi-disantes agressions verbales : « aucune attaque personnelle et ni aucune menace. Il manifeste un état de fatigue de l’intéressé à l’issue d’une négociation périodique obligatoire tendue ». Bodet a désormais 2 mois pour faire un recours. Faisons en sorte que notre camarade ne se sente pas seul en abondant massivement à la caisse de solidarité et en nous tenant prêts et prêtes à nous mobiliser dans la rue. Il y aura toujours un syndicalisme de lutte pour organiser les travailleurs et les travailleuses à Bodet !
Jon (UCL Angers)





