Révolution en cours

Alors que les gouvernements turcs, hongrois, et géorgiens connaissent une résistance féroce, la Serbie ne fait pas exception à la colère révolutionnaire qui grandit à l’Est.
Symbole de la corruption de l’État et des marchés publics, l’effondrement du auvent de la gare de Novi Sad en novembre dernier a causé la mort de seize personnes, et a déclenché une mobilisation inédite dans le pays, étudiants et étudiantes en tête.
Accès aux documents du chantier, relâche des manifestants et manifestantes arrêtées, arrêt des violences policières, élections législatives anticipées ; le gouvernement d’Aleksandar Vučić reste sourd aux revendications portées par le mouvement, et a choisi pour réponse une répression grandissante : arrestations, violences policières, surveillance, intimidations, provocations…
Si la lutte du peuple serbe pour la justice et la vérité secoue incontestablement l’Europe depuis dix mois avec des manifestations historiques et des blocages d’ampleur nationale, les intérêts militaires et industriels des nations occidentales sont soulignés par leur silence, tandis que les experts et expertes indépendantes de l’ONU alertent enfin en ce début août sur la violation des droits de l’homme en cours.
À l’aube d’une nouvelle vague de contestation sociale dans notre propre pays, notre soutien va au peuple serbe et à son soulèvement exemplaire contre un gouvernement capitaliste dont « la corruption tue ».
UCL, 24 août 2025





