Toulouse : Les bibliothèques mènent la lutte contre l’austérité

La lutte contre l’austérité budgétaire en métropole toulousaine a débuté en décembre 2024. Initialement un mouvement des bibliothécaires de la municipalité, une tentative de coordination avec d’autres secteurs territoriaux aux problèmes comparables se met en place.
Le maire toulousain de droite dure, Jean-Luc Moudenc, se fait serviteur zélé de la grande braderie des services publics imposée par le gouvernement, avec des dizaines de millions d’euros de coupe pour la mairie et la métropole. Il n’a bien sûr pas prévu d’augmenter les impôts locaux auprès de la partie fortunée de son électorat. Sans aucune concertation avec les travailleurs et travailleuses concernées ni la population qui bénéficie de ces services publics, le drastique plan « social » est découvert à l’automne par les bibliothécaires de Toulouse Métropole. Non-renouvellement des CDD et non-remplacement des départs à la retraite, baisse des budgets d’acquisitions de documents et de fonctionnement et risque de fermeture des petites structures.
Débute alors la lutte, via des dates de grève ponctuelles et d’AG. Le 4 février, un rassemblement auxquels étaient conviés d’autres secteurs en lutte contre l’austérité (département, acteurs culturels, université...) et des usagers et usagères a culminé à 300 personnes. Dix jours plus tard, 400 personnes étaient présentes à la réunion publique appelée à la bourse du travail.
Cette dynamique est doublement intéressante. D’une part, pour ce qui est des bibliothèques, la lutte se décide en assemblée générale des travailleurs et travailleuses combinant syndicalistes (principalement CGT et Sud des collectivités territoriales) et non-syndiquées. D’autre part, il a vite semblé évident et pertinent aux divers secteurs locaux en lutte sur le même sujet de se coordonner, se rassembler et élaborer la suite, des bibliothécaires jusqu’au CHU de Rangueil en passant par les centres culturels. Le corporatisme semble avoir été rapidement écarté, mais se pose néanmoins la question d’une lutte efficace et pérenne. Il faut suffisamment de travailleurs et travailleuses mobilisées dans chaque secteur, capables d’enclencher une grève reconductible et massive, afin que « étendre la lutte » ne soit pas qu’une addition d’une minorité de convaincues. Diverses organisations politiques de gauche et des conseillers et conseillères municipales d’opposition ont rapidement apporté leur soutien et visibilisé la lutte (réseaux sociaux, médias locaux). Il faut souhaiter que cette addition des forces ajoute de l’efficacité, mais aussi que soit préservée l’autonomie du mouvement social des travailleurs et travailleuses face à la récupération des partis qui tentent chacun de tirer la couverture à eux et leurs stratégies propres.
À l’initiative de l’AG des bibliothèques, une nouvelle journée locale de lutte anti-austérité est prévue le 27 mars, une mobilisation proposée à l’ensemble du personnel de la territoriale et de la culture.
Marius (UCL Toulouse)
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Caisse de grève : Bibliothèques de Toulouse en lutte





