Transféminicides : Hommages suite aux meurtres de Géraldine et d’Angelina

Récemment des rassemblements ont été organisés partout en France afin de dénoncer les transféminicides de Géraldine et d’Angelina. Ces meurtres sont révélateurs d’un climat de haine envers les personnes trans.
Au mois juillet, en une semaine deux femmes trans ont été assassinées. Le Syndicat du travail sexuel (Strass), Prévention action santé travail pour les transgenres (Pastt) et Actions concrètes conciliants : éducation, prévention, travail, équité, santé et sport pour les personnes trans (Acceptess-T) ont appelé à un rassemblement le 16 juillet en hommage aux victimes et pour la solidarité contre les transféminicides.
Le cas de Géraldine, une migrante péruvienne et travailleuse du sexe (TDS) de 30 ans poignardée et assassinée dans son appartement à Paris, est symptomatique des dangers physiques auxquels sont confrontées les femmes trans.
Le motif transphobe du crime est évident, l’assassin s’étant dénoncé à la police prétendant avoir été « trompé » en découvrant la transidentité de Géraldine. Quelques jours plus tôt avait lieu l’assassinat brutal d’Angelina, une femme trans de 55 ans, tuée à la hache par son compagnon dans leur appartement à Compiègne en Picardie. Ce meurtre rappelle la vulnérabilité des femmes trans aux violences conjugales, aggravées par des conditions économiques et sociales précaires.
Les conséquences de politiques transphobes
Ces transféminicides sont les conséquences de politiques répressives et transphobes, visant en particulier les TDS, rendues plus vulnérables par les lois anti-immigration et la loi de pénalisation des clients de 2016. Cette dernière loi, adoptée sous Hollande, proposée et votée par les socialistes et le Front de gauche à l’époque, a en effet suscité de vives controverses et critiques, particulièrement en ce qui concerne son impact sur les conditions de travail et la sécurité des TDS, y compris des femmes trans.
Cette loi ignore les réalités vécues par ces femmes, qui se retrouvent souvent marginalisées et exposées à un plus grand risque de violence : elle les force à se cacher, se retrouvant seules face aux clients violents. Le témoignage de la mère de Géraldine et les déclarations de militantes rappellent la réalité matérielle de ces violences : à Paris, une travailleuse du sexe est assassinée en moyenne tous les deux ans [1].
Les femmes trans et les travailleuses du sexe migrantes toujours en première ligne
D’après les données de l’ONG Transgender Europe (TGEU) [2], à l’échelle mondiale 48 % des victimes de transféminicides en 2023 étaient travailleuses du sexe, un chiffre qui monte à 78 % en Europe. 45 % étaient par ailleurs migrantes.
Les auteurs de transféminicides n’assument souvent pas d’avoir eu une relation avec une femme trans, et justifient leurs violences en prétendant une folie temporaire suite à la découverte de la transidentité de leur partenaire. C’est ce qu’on appelle aux États-Unis la « trans panic defense », une stratégie judiciaire déjà utilisée par le passé pour justifier des agressions homophobes.
La situation est alarmante car les violences envers les personnes trans persistent dans un contexte où l’extrême droite et ses discours de haine gagnent du terrain. Face aux transféminicides et aux violences transphobes, la réponse doit être collective et la solidarité avec les TDS migrantes est essentielle.
Rose (UCL Paris nord-est)





