ZFE : L’impossible écologie libérale

Au nom de l’environnement, l’État libéral et bourgeois a mis en place le dispositif Zones à faibles émissions (ZFE) : une façon de limiter l’utilisation de véhicules chez les plus précaires tout en poussant à la consommation de nouvelles voitures, puisqu’aucune réelle alternative à celle-ci n’est jamais proposée. Au final, c’est la droite et l’extrême droite qui profitent de cette mesure pour s’imposer en tête de file de l’opposition et défendre ses intérêts conservateurs sur d’autres sujets.
La pollution de l’air a des impacts très graves sur la santé en France. Elle vient principalement du trafic routier et se concentre dans les villes. L’État a donc mis en place un dispositif légal qui prévoit la classification des véhicules selon des normes environnementales (les fameuses vignettes Crit’Air) et la restriction des métropoles françaises aux véhicules trop mal classés.
L’extrême droite à la manœuvre
Ce dispositif incarne parfaitement l’écologie libérale qui choisit de prioriser le changement individuel de comportement (jusqu’à le forcer) en plus de favoriser la consommation en incitant à l’achat d’un meilleur véhicule. Une étude d’impact sur la ZFE de Grenoble a, par exemple, démontré une différence d’impact selon les catégories socio-professionnelles. Les classes sociales favorisées ont non seulement des véhicules statistiquement moins impactés que les classes populaires, mais de plus, la moitié des personnes impactées n’ont pas d’alternative à la voiture [1].
Pourtant en pointe de la protestation face à cette loi, on retrouve bien la droite et l’extrême droite. Ils ont utilisé les questions de justice sociale pour motiver leur vote sur la fin du dispositif. Toutefois, leur motivation est autre. En effet, la loi dans laquelle s’inscrit ce vote prévoit également de « desserrer les contraintes » du zéro artificialisation net ou encore de renforcer les possibilités de conférer à des projets une « raison impérative d’intérêt public majeur ». Le but étant respectivement de continuer un urbanisme tourné vers la consommation d’espaces et donc de la voiture, et d’empêcher les arrêts de travaux tels que l’A69. On comprend bien que ces vautours utilisent le social comme excuse. Ils verrouillent toutes les mesures qui permettraient
de sortir les habitantes et habitants des périphéries de ville et de la campagne de leur dépendance
à la voiture et prétendent ensuite défendre nos intérêts qui seraient liés à cette voiture.
Une alternative de notre camp
Les ZFE risquent de disparaître et ce n’est pas plus mal. La gauche institutionnelle s’est retrouvée idéologiquement en difficulté, en particulier les écologistes qui ont fait selon eux le choix de la santé en défendant les ZFE. Malgré une opposition chez LFI, les mesures libérales auront surtout profité à l’extrême droite qui aura été la plus visible. Pour répondre à leur gigantesque mascarade, il nous faut présenter une vision alternative dans notre camp social : le droit à la ville. Cette approche englobe les luttes sociales qui cherchent à récupérer les villes des appétits capitalistes. Les luttes pour les transports gratuits, pour le maintien ou la création de services publics, contre la gentrification et pour l’encadrement des loyers sont la base de notre projet politique. Elles sont non seulement des solutions efficaces face à la dépendance à la voiture et à la pollution de l’air mais également porteuses d’une vision capable de mettre en échec les projets libéraux et réactionnaires.
Corentin (UCL Kreiz-Breizh)





