Liberté pour Cesare Battisti

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Cesare Battisti a été arrêté au Brésil. Ce n’est pas une initiative de la police brésilienne, mais de la police française, d’après les média et les déclarations des responsables policiers eux-mêmes.

Pourquoi cet acharnement ? Parce que le ministre de l’Intérieur a besoin d’un exemple. Il a besoin de montrer que malgré sa position de candidat à plein temps, les coups continuent à pleuvoir sur tout ce qui ressemble à un-e gauchiste, un-e progressiste, un-e opposant-e à sa politique. Cesare Battisti est un bouc-émissaire parfait.

Battisti a toujours les nié les meurtres dont il est accusé. Il a été jugé en son absence, sans pouvoir se défendre. Les soit-disant preuves n’en sont pas [1]. Le procès a eu lieu dans le contexte des années de plomb [2], où les assassins d’extrême droite bénéficiaient d’une impunité indécente de la part de la justice italienne, pendant que l’extrême gauche était en butte à une répression féroce.

Il faut malheureusement s’attendre à une extradition expéditive. F. Mitterrand avait accordé la protection aux Italiens réfugiés en France après les années de plomb. La candidate socialiste aura-t-elle le courage de remettre en vigueur cette décision de feu son mentor ? N. Sarkozy fera probablement tout pour enfermer Battisti dans une geôle italienne avant le scrutin présidentiel.

De la même manière, il y a peu de choses à attendre du gouvernement Prodi. Ce gouvernement centriste se rallie à l’idéologie répressive et revancharde qui motivait le gouvernement Berlusconi lorsque le gouvernement français avait lancé la chasse à Battisti.

Nous réclamons la libération de Cesare Battisti, l’arrêt des poursuites contre lui en France et la fin définitive des menaces d’extradition à son égard comme à celui des autres militants italiens d’extrême gauche.

[1Voir par exemple La vérité sur Cesare Battisti, de Fred Vargas, ed. Viviane Hamy.

[2Voir L’histoire sans fin de la piazza Fontana, Miguel Chueca, Alternative libertaire n°137 (février 2005)

 
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