Nous voulons aussi 70 % d’augmentation !

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Le gouvernement Raffarin, à travers le ministre des affaires sociales Fillon, donne des gages au patronat. Les dispositions annoncées concernant le Smic, le temps de travail et les cotisations sociales sont le coup d’envoi de nouvelles régressions pour tou(te)s les salarié(e)s.

- Le Smic stagne. Fillon fait du battage médiatique sur la revalorisation des Smic les plus scandaleusement bas. C’est pour mieux passer sous silence le quasi gel des autres Smic. L’augmentation du Smic horaire de 11,4 % en trois ans reste ridicule comparée aux 17 % d’augmentation en moyenne du salaire des grands patrons pour l’année 2001 (hors primes et avantages divers), aux 17,5 % d’augmentation accordés aux médecins libéraux, ou, pire, aux 70 % d’augmentation des ministres.
- Moins de profs, plus de prisons. Aux plans de licenciement qui n’ont pas cessé s’ajoute la casse de l’emploi public par le gouvernement : 3 000 profs de moins et 13 500 policiers et gendarmes en plus.
- Le temps de travail se dérègle. La loi Aubry avait déjà permis au patronat de geler les salaires et de flexibiliser le temps de travail. Avec le projet de loi Fillon, nous allons tou(te)s devoir travailler plus, à des horaires imposés, et avec des heures sup’ moins bien payées ! L’étape suivante sera-t-elle le rétablissement de l’esclavage pour plaire au Medef et « baisser les charges » ?
- Les impôts baissent pour les plus riches. La « baisse des impôts » de Chirac ne concerne que les tranches les plus hautes : 5 % d’impôts en moins, cela représente un gain pour les plus riches de 2240 euros en moyenne. Un manque à gagner pour l’Etat qui se rattrapera sur les tranches les plus basses.
- Plus de cotisations sociales pour les travailleur(se)s et moins pour les capitalistes. En baissant les cotisations patronales, c’est bien notre salaire qui baisse. Car ces cotisations qui alimentent la Sécurité sociale, l’assurance-chômage, etc. représentent un salaire indirect. Le cadeau fiscal fait aux patrons par le gouvernement représente 5 milliards d’euros de manque à gagner pour les organismes sociaux. Et le trou sera compensé par l’Etat, c’est-à-dire par nos impôts !

Le patronat a le culot de pousser de hauts cris contre ces mesures qui sont, pour lui, insuffisantes ! Il espère ainsi faire diversion et faire passer la pilule dans l’opinion.

Le pouvoir d’achat des salarié(e)s, chômeur(se)s, étudiant(e)s ou retraité(e)s a sensiblement baissé. Le passage a l’euro a camouflé une hausse importante des prix, en particulier sur les produits de base. En même temps, les discours sur la « crise » et les lois Aubry dites des 35 heures (une belle idée sabotée par la gauche) ont permis un gel des salaires. Les gouvernants de droite comme de gauche ont refusé d’augmenter les minimas sociaux.

Cet argent n’a pas été perdu pour tout le monde. Patron(ne)s, possédant(e)s et grand(e)s actionnaires, continuent de s’enrichir. Jean-Marie Messier a quitté Vivendi avec des indemnités de 20 millions d’euros, soit 2 037 années de Smic !

Seule la mobilisation des travailleur(se)s permettra une redistribution des richesses : prendre sur les profits en imposant des embauches, en augmentant les salaires et les prestations sociales.

- Par une vraie réduction du temps de travail, sans flexibilité des horaires, et avec les embauches correspondant aux emplois ainsi libérés.
- Par la hausse des salaires, des minimas et des prestations sociales.

Le capitalisme pille la société, et gaspille ses richesses matérielles et humaines. Un autre monde est possible en inventant un autre système économique et politique, fondé sur la démocratie directe et l’autogestion.

 
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