Communiqué international

Turquie : l’État est la terreur, nous n’avons pas peur

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Nous relayons ce communiqué de nos camarades de DAF qui dénonce la répression de l’Etat turc contre les étudiant.es de l’Université de Boğaziçi luttant pour l’autonomie universitaire.

Ce matin, le gouverneur d’Istanbul a annoncé que toutes les manifestations sur Besiktas et Sariyer étaient interdites. En annonçant la déclaration sur son compte Twitter, le gouverneur a déclaré : « Considérant que cela peut nuire aux efforts pour protéger la société de l’épidémie et empêcher la propagation de l’épidémie, toutes sortes de réunions, manifestations et marches sont interdites dans ces districts. »

Lisons entre les lignes. La peur interdit. La crainte de l’effondrement de l’AKP s’accroît de jour en jour. Au fur et à mesure que sa peur augmente, ses interdictions augmentent également. Cette peur n’est pas apparue aujourd’hui. Celles et ceux qui ont résisté à Gezi, à Kobané ; celles et ceux qui sont sorti.es dans les rues après l’explosion des bombes à Amed, à Suruç et à Ankara incarnent la peur de l’État. Au cours des années précédentes, l’État les a attaqué.es et interdit par peur. Le courage de celles et ceux qui ont résisté s’est transformé en lutte.

Répétons-le, toute interdiction est un signe de peur. La jeunesse était devant l’université contre le recteur de l’université Bogazici nommé par le président le 4 janvier 2021. La colère de milliers de jeunes qui réclamaient justice s’est manifestée face aux forces de l’ordre. Cette colère déterminée a effrayé le recteur de tutelle Melih Bulu et les personnes qu’il avait nommées. Ceux qui avaient peur ont attaqué les jeunes ; ils les ont attaqué.es avec matraques, boucliers, flashballs et canons à eau. Ils pensaient qu’ils allaient leur faire peur et les effrayer. Personne ne s’est enfui. Les jeunes ont poussé et poussé, et la police a absurdement essayé de se protéger en condamnant désespérément la porte de l’université Bogazici. La résistance s’est terminée le lundi, il a été dit, « Nous reviendrons mercredi ».

Ceux qui avaient eu peur le lundi ne pouvaient pas attendre jusqu’à mercredi. Nous - dénommé.es par les médias d’État en tant qu’« organisation terroriste » - avons dit à plusieurs reprises que l’État est « l’organisation terroriste ». L’État a déclenché une terreur policière de lundi soir à mardi soir, et mercredi matin. En deux jours, les maisons de près de 40 de nos ami.es ont été fouillées par la police, celles et ceux qui étaient recherché.es ont été détenu.es sous la torture. Les tortures et les menaces contre nos ami.es qui ont été détenu.es pendant deux jours continuent aujourd’hui. C’est de la terreur. Les rafles, les tortures et les détentions se poursuivent avec des listes de personnes recherchées.

Nous n’avons pas peur des rafles, de la torture et des interdictions. Votre terreur ne nous fera pas peur. Nous marcherons sur vous avec courage.

Vous partirez, nous resterons ! Nous gagnerons !



☆ DAF

 
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