Février 2008

Logement étudiant : un crachat de plus à la gueule des pauvres

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A l’annonce des promesses d’aide au logement des ministres Pécresse (Enseignement supérieur) et Boutin (Logement), Alternative libertaire s’indigne d’une nouvelle preuve de mépris pour les travailleurs et travailleuses en formation que sont les étudiants et étudiantes des classes laborieuses.

Pour pallier le manque de logements étudiants, on nous assure que 620 millions d’euros seront débloqués afin de construire 5000 nouveaux logements et d’en réhabiliter 7000 de plus par an d’ici à 2012. Mais par ailleurs, comme le gouvernement a l’habitude de le faire, il n’assume pas ses responsabilités. Ainsi, les milliers d’étudiant-e-s qui resteront en galère de logement devront se trouver une place… chez l’habitant !

Un pansement sur une jambe de bois

Au gouvernement, on aime se féliciter d’irriguer le désert avec une goutte d’eau et Pécresse excelle en la matière. Soyons clairs, construire 20 000 nouveaux logements en 4 ans alors que seulement 7 à 8 % des 2 millions d’étudiant-e-s français-e-s ont accès à des logements CROUS, c’est ridicule. Mais peut-être que ça correspond aux prévisions du gouvernement quant au nombre d’étudiant-e-s qui subsistera aux conséquences de la LRU : fermeture de filières, augmentation des frais d’inscription comme à Dauphine où l’on passe à 800 euros...

Quelle crédibilité peut-on accorder à une énième promesse du genre ? La dernière en date faisait suite au rapport Anciaux en 2004 et elle n’a connu aucune suite, comme tant d’autres "grands projets" de rénovation/création de logements étudiants ou sociaux. Ni les étudiant-e-s, ni les habitant-e-s des quartiers ne vous diront le contraire…

Quant au logement intergénérationnel vanté par Pécresse, c’est un remake du "travailler plus pour gagner plus". Désormais, pour les retraité-e-s dont le revenu est insuffisant, c’est "héberger plus pour gagner plus !".

Concrètement, le logement intergénérationnel, c’est une perte d’autonomie pour les étudiant-e-s. En effet, question intimité, ce n’est pas terrible pour les jeunes adultes que sont les étudiant-e-s. De plus, c’est l’habitant qui pose le plus souvent les conditions de la " cohabitation ", or un-e étudiant-e n’a pas le même rythme de vie qu’une personne âgée. Par ailleurs, cette proposition est irresponsable alors que des propriétaires pervers négocient des collocations contre les charmes des étudiantes. Enfin, elle pousse les retraité-e-s pauvres à prendre des étudiant-e-s chez eux pour combler une retraite insuffisante.

Aucune garantie !

Comment seront gérés ces 620 millions d’euros ? Les loyers des logements réhabilités resteront-ils les mêmes ? Les nouveaux logements seront-ils abordable pour tou-te-s ? Aucune garantie n’émane des promesses de Pécresse. Et ce gouvernement a déjà prouvé que “les promesses n’engagent que ceux qui y croient”...

Pas question pour les militant-e-s d’Alternative libertaire d’accepter sans broncher ce nouvel écran de fumée de la part d’un gouvernement qui méprise les étudiant-e-s les plus pauvres et les jeunes en général.

Alternative libertaire revendique :
- un vrai service public du logement au service des étudiant-e-s : soumis à leur contrôle, il répondrait aux besoins réels de la jeunesse par la construction massive de logements et assurerait l’égalité d’accès au logement pour toutes et tous.
- un salaire social pour la jeunesse en formation, qui ne serait plus contrainte de se salarier, ce qui lui permettrait de vivre et d’étudier dans des conditions optimales (logement, santé, temps d’étude…) et qui serait issu des cotisations sociales au même titre que les retraites.
- le retrait de la LRU, ainsi que l’abandon des poursuites judiciaires et la libération des personnes arrêtées à l’automne 2007 durant le mouvement anti-LRU.

Clash n°25 (février 2008)
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