Avril 2009

Mouvement universitaire : autogérer, amplifier et tenir.

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Avec des piquets de grèves bloquant toujours plusieurs dizaines de facs, les objectifs sont clairs : amplifier et tenir. L’heure est aussi à la vigilance face aux tentatives de hold-up sur la lutte. Pour s’en prémunir, le plus simple reste de ne laisser personne diriger notre lutte, et de s’organiser pour l’autogérer.

Et dépasser la défense de sa chapelle… Comme c’est trop souvent le cas lors des coordinations nationales. Car plus qu’un lieu d’échange sur nos pratiques, nos objectifs et les moyens d’y parvenir, elles restent un front ouvert entre certaines organisations syndicales et politiques.

Pour trop de militant-es de ces organisations, (NPA, LO, UNEF et sa tendance minoritaire…) l’enjeu des coord’ est la prise du contrôle de la lutte, au profit de leur organisation.

A nous d’opposer à leurs velléités de direction la démocratie directe, et le mandat impératif. Ainsi, le mandaté est tenu de défendre les positions définies en amont par l’AG : il ne fait pas ce qu’il veut. Et il n’est pas pour autant condamné à n’être « qu’un robot », ne pouvant que répéter mot pour mot les décisions de l’AG. En effet celle-ci peut adopter des positions de principes, répondant (dans la mesure du possible) aux circonstances particulières. .

Amplifier

L’appel à l’abrogation de la LRU est un acquis. C’est aussi une position de repli.

L’enjeu, c’est de sortir des limites sectorielles, pour toucher l’origine même du malaise : la dégradation de nos conditions de vie et sa cause, le capitalisme. Cette perspective représente la limite même de notre lutte à l’heure actuelle : étudiant-es, nous sommes majoritairement des travailleurs et travailleuses précaires. Notre mouvement n’est donc pas un simple « mouvement étudiant », de défense du statut, etc. C’est un mouvement politique, au sens où il s’agit de reprendre le contrôle de nos vies, de notre avenir.

Sans tomber dans un catastrophisme stérile, il s’agit d’avancer des mots d’ordre simples, comme par exemple, « Non à la précarité et l’exploitation », les catalogues de revendications montrant leurs limites. A nous ensuite de développer cette perspective, de poser la question, en AG, des boites qui vivent concrètement du travail des précaires, des plus emblématiques (McDo, Quick ou… La Poste) à toutes les autres. De pousser à sortir du simple défilé autour du centre ville, à des manifs devant ces boites.

Posons aussi la question de la vie chère, à travers des pratiques de réquisitions de richesses dans les supermarchés, etc. Enfin, allons vers l’unification des secteurs en luttes : avec les lycéens et les lycéennes, mais aussi plus largement en construisant des AG interluttes. La journée du 19 a montré la volonté massive de luttes des salariés. Mais pour aller au delà de la simple journée, il est illusoire d’attendre le feu vert des organisations syndicales. C’est à la base que les perspectives de grèves reconductibles peuvent être construites, par les salarié-es eux-mêmes.

Tenir

La répression a déjà commencé. En particulier contre les piquets de grèves, les procédures sont rodées : Intimidations, remises en cause de la « légitimité des AG » par une poignée d’anti-grévistes appuyés par l’administration…Intervention des flics. Et ce qui s’en suit, fermeture administrative avec la mascarade des référendums présentés comme le summum de la démocratie … A l’heure où les partiels se rapprochent, la pression va continuer a monter. Il s’agit de tenir.

Opposons à l’Etat notre détermination, et ne lâchons rien.

Clash n°34 (avril 2009)
 
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