Répression préventive : Le gouvernement frappe le premier

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Loi renseignement, loi sur l’immigration, rabotage des droits syndicaux, casse du code du travail, licenciement de syndicalistes, inculpations d’activistes... Le gouvernement se prépare à faire face à une offensive populaire contre sa politique. Au-delà de la solidarité naturelle entre militants, c’est l’explosion sociale qui sera notre meilleure réponse aux lois liberticides.

Avec la Confédération paysanne nous avions envahi Amiens. Avec la LDH et le Syndicat de la magistrature nous avions fait OccupyDGSI à Levallois-Perret. À l’automne vient le tour des syndicalistes ! Les licenciements de militants syndicaux dans le privé (en général CGT ou Sud), c’est une tradition qui explique en grande part le faible taux de syndicalisation en France. Avec Hollande les cas de révocation de fonctionnaires augmentent fortement. La CGT a organisé une journée de riposte le 23 septembre et il est dommage qu’elle ait joué cavalier seul sur ce coup-là.

De son côté, un collectif antirépression s’est mis en place en région parisienne avec des structures CGT, Solidaires, Confédération paysanne et le soutien du NPA et d’AL. Le collectif a organisé le 13 juillet à Belleville le Bal des réprimés qui a permis d’ouvrir à d’autres thématiques avec les inculpés de Tarnac. Des collectifs existent aussi dans différentes villes autour de cas emblématiques. Durant l’été les attaques et le ripostes ont été fortes en particulier à La Poste où les drapeaux CGT et Sud se sont retrouvés côte à côte.

Zadistes et plus si affinités

La répression judiciaire, notamment suite aux réactions à la mort de Rémi Fraisse, est elle aussi montée d’un cran. Le dossier Tarnac que l’on pouvait penser enterré est réactivé et si l’inculpation de terrorisme est levée (dossier vide) une condamnation pour simple délinquance n’en devient que plus facile en dépolitisant l’affaire. Gaëtan, militant du NPA, est lourdement condamné après une manifestation à Toulouse. À Guéret, le procureur lui-même mesure le ridicule de l’accusation et ne réclame que 1 000 euros avec sursis pour « entrave à la circulation de matériel et de personnel militaire en vue de nuire à la défense nationale ». Nuire à la défense est à la portée de toutes les bourses ! Dans d’autres cas, il semble que les juges se refusent à satisfaire aux ordres du gouvernement. Ainsi les militants de la Confédération paysanne ne sont finalement condamnés en appel qu’à des amendes avec sursis dans l’affaire de la ferme picarde des 1 000 vaches. Et encore il faut lire l’attendu : « La cour entend bien, à l’examen des pièces communiquées, ainsi que des témoignages reçus, que les prévenus ont collectivement agi comme lanceurs d’alerte en présence d’un phénomène qui ne peut qu’interroger au regard de ses conséquences sur le plan environnemental, social ou encore sociétal. À défaut d’être légitime et indépendamment du préjudice bien réel subi par les victimes, cette action revêt un caractère symbolique à laquelle la justice ne peut répondre que par une peine symbolique … »

La COP21 est déjà dans les tuyaux de la police. Le ministère a recommandé la suspension des congés et formations des personnels pour ce rendez-vous autant planétaire qu’inutile que nous serons nombreux à dénoncer ! Ils cherchent à nous faire peur mais ils ne font qu’alimenter notre dégoût et notre révolte. Paris en hiver certes, mais le climat sera chaud !

Jean-Yves (AL 93)

 
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