TDoR, MOBILISONS-NOUS ET ORGANISONS NOUS !

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Comme chaque année depuis 23 ans, a lieu, le 20 novembre la Journée mondial du souvenir trans, ou Trans Day of Remembrance (TDoR). C’est en hommage à Rita Hester, tuée le 20 novembre 1998, que cette date a été choisie en mémoire de toutes les personnes trans [2] tuées ou poussées au suicide dans le monde.

Cette année la communauté trans déplore l’assassinat de 375 personnes trans dans le monde. Loin de cas isolés causés – par une soi-disant « ignorance » comme voudrait nous le faire croire la justice – ces meurtres sont le fruit d’un système hétéro-patriarcal qui réprime, mutile et assassine les femmes et les LGBTI. Mais d’autres violences s’abattent sur les personnes trans : agressions de rue ou intrafamilial, discriminations à l’emploi, au logement etc. L’Etat est lui aussi responsable de violences institutionnelles parmi lesquelles on retrouve des violences administratives, législatives et carcérales, médicales… Autant d’attaques contre les personnes trans organisées par le système patriarcal à l’aide d’un État et d’un patronat LGBTI-phobes.

Si le gouvernement Macron tente de repeindre son quinquennat en rose avec le récent texte contre les thérapies de conversion, il ne s’agît que d’une énième tentative de mettre un vernis pseudo-progressiste dans le but de préparer les élections. En effet, l’adoption d’une PMA fermée aux personnes trans nous a prouvé que l’État reste LGBTI-phobes. Ces sorties ayant pour seuls buts de détourner nos regards des politiques patronales et racistes (40 % des personnes trans assassinées en Europe sont des réfugié·es) mises en place depuis 5 ans. De même les attaques transphobes du patronat par les licenciements ou par la discrimination à l’embauche nous rappellent que la classe capitaliste ne luttera jamais sincèrement contre la transphobie car elle a tout intérêt à maintenir des groupes sociaux marginalisés dans une forte précarité afin d’avoir de la main d’œuvre à plus faible coût.

L’entièreté de la société est structurée afin de permettre les assassinats transphobes et de pousser les personnes trans au suicide (40 % de ces dernières tentent de se suicider dans leur vie contre 2 à 4 % des personnes cis [1] ), la réponse à cette violence ne se fera pas par le biais des institutions mais par la mobilisation et l’organisation des personnes trans. Nous, communistes libertaires, apportons notre soutien et notre implication aux luttes trans et exigeons :
-  L’accès à un changement d’état civil libre et gratuit.
-  L’accès aux mêmes droits à la filiation que les personnes cis.
-  La reconnaissance de l’autodétermination des personnes trans dans leurs lieux d’études, de travail et de vie.
-  Le remboursement de tous les parcours de transition.
-  La formation des personnels soignants, administratifs et institutionnels aux problématiques trans, formation qui sera initiée et vérifiée par les collectifs transition.
-  L’arrêt des expulsions de réfugié·es qui sont d’autant plus en danger lorsqu’elles et ils sont trans. Au contraire, il faut les régulariser et les accueillir dignement.

Face à la transphobie d’Etat et aux réactionnaires, commémorons les victimes et organisons la riposte !

Union communiste libertaire, le 19 novembre 2021.

[1« cis » désigne une personne dont le genre ressenti d’une personne correspond au genre assigné à sa naissance. On parle ainsi de personne cisgenre ou cissexuelle.

[2« trans » désigne une personne qui compte vivre ou qui a vécu une transition pour changer de groupe social de sexe/genre. Par exemple, les femmes trans veulent ou ont transitionné vers celui des femmes

 
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