Travailleurs sociaux en formation : « Mesdames, Messieurs, nos jours sont comptés »

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Fin juin, les travailleuses et les travailleurs sociaux en formation organisaient à Arcueil (94) deux jours de popularisation de leur lutte, avec débat, concerts, etc. Ci-dessous, nous reproduisons une « lettre ouverte aux personnes en situation d’handicap physique ou mental, aux personnes touchées par la pauvreté, la maladie, la drogue, à leurs amis, frères et sœurs, parents, familles, voisins et collègues » émanant d’étudiantes et d’étudiants de l’Institut régional du travail social d’Aquitaine.

La peur nous gagne et pourtant la pause estivale arrive, avec son lot de farniente, de coups de soleil, et de décisions gouvernementales… Éducateurs spécialisés, assistants de services sociaux, éducateurs jeunes enfants, nous sommes pris au piège par un décret d’une totale injustice. Le 31 janvier de cette belle année 2008, nos ministres François Fillon, Xavier Bertrand et son amie Valérie Pécresse, dans le cadre de la Loi sur l’égalité des chances (LEC) ont brisé nos formations. Notre présence en tant que stagiaire dans les crèches, les associations, les instituts d’éducation motrice, les centres sociaux, les clubs de préventions, les foyers occupationnels, est compromise. L’État a imposé à l’ensemble des structures privées, déjà sans grandes ressources financières, de nous « gratifier » à hauteur de 398,13 euros par mois, lors de stages de plus de trois mois… Conséquences directes : 87 % de ces établissements sont dans l’incapacité de nous accueillir ; notre formation est en danger. Depuis trois mois, nous nous battons dans l’indifférence médiatique, l’État et ses nébuleuses se renvoient la patate chaude.

21 avril 2008 : la circulaire de la Direction générale de l’action sociale (DGAS), sûre d’elle, renvoie cette responsabilité aux directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) et aux conseils généraux ; ces derniers, perplexes, ne sont pas tous informés et ne réagissent pas de la même manière. Où est l’égalité territoriale pour les étudiants ? Cerise sur le gâteau : ce décret, inscrit dans la LEC, crée des inégalités entre le secteur privé et le secteur public. En effet, les hôpitaux de jour, les hôpitaux tout court, les maisons départementales de la solidarité et de l’insertion (MDSI), les crèches publiques, les conseils généraux et régionaux… sont déchargés de cette gratification. Enfin, au cœur même des professions du social, l’État divise en mettant de côté certaines formations : les moniteurs éducateurs, les conseillers en économie sociale et familiale, effectuant pourtant un stage de plus de trois mois, ne sont pas concernés par le décret. Quand le garant de nos droits arrêtera-t-il de se désengager ? Quand garantira-t-il les moyens et les fonds nécessaires pour poursuivre notre formation ?

Mademoiselle, Madame, Monsieur, nos jours sont comptés. Il ne nous reste plus que quelques semaines pour trouver un stage validant notre formation. Une nouvelle balle vient encore d’affaiblir ces professions du social. Avec cette lettre, nous tirons la sonnette d’alarme.

  • Pour plus d’information sur la lutte : Collectif NRV (Nous restons vigilants) httpp ://collectif-nrv.over-blog.fr
 
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