Initiatives : Bilan mitigé des initiatives autour de mai 68

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Pour les quarante ans de mai 68, plusieurs dizaines de débats et projections ont été organisés ces derniers mois. Les initiatives étaient intéressantes mais l’affluence est restée en général modeste.

Les mois de mai et juin ont été l’occasion pour l’ensemble des militants et militantes anticapitalistes de débattre de la grève générale de mai 1968. Il s’agissait avant tout de réaffirmer que Mai 68 n’a pas été, contrairement à ce que peuvent déblatérer les Sarkozy, Glucksmann et autres Cohn-Bendit, une débauche d’individualisme, un mal nécessaire au capitalisme pour entrer dans une ère économique nouvelle, mais bel et bien la grève la plus massive de l’histoire du mouvement ouvrier français.

À Paris, les éditions Syllepse ont initié un cycle de débats très ambitieux intitulé « Mai 68, ce n’est toujours qu’un début », regroupant des structures du mouvement social et syndical, des maisons d’éditions et des journaux, dont Alternative libertaire. Ainsi du 13 au 30 mai de nombreux débats ont permis d’aborder l’ensemble des thématiques liées à Mai 68 : le mouvement ouvrier bien sûr, mais aussi les mouvements féministes, immigrés, étudiants, la dimension internationale de la révolte. La participation à ces initiatives est malheureusement restée assez restreinte, oscillant entre 25 et 100 personnes, principalement d’anciens et anciennes soixante-huitards. Grégoire Mariman participait pour AL, aux côtés notamment de Daniel Bensaïd (philosophe et militant LCR) et de Pierre Zarka (PCF) au meeting « Mai 68, une révolution inachevée ? » qui s’est tenu à la bourse du Travail de Paris le 29 mai en présence d’une centaine de personnes.

Mouvance libertaire « culturelle »

À l’initiative de plusieurs organisations libertaires (AL, CGA, FA, OCL, OLS), un forum libertaire, « Pour une lecture révolutionnaire et libertaire de Mai 68 » a regroupé une centaine de participants à la bourse du Travail de Saint-Denis le 30 mai. Il s’agissait de relier l’expérience d’hier aux combats d’aujourd’hui à partir des analyses de militantes et militants actifs à l’époque comme aujourd’hui. Les questions de la grève générale, de l’auto-organisation, des luttes actuelles (mouvements des cheminots, des étudiants, des sans-papiers) et du féminisme ont été au cœur des différentes interventions. Dans la foulée, le Salon du livre libertaire qui s’est déroulé le week-end du 31 mai-1er juin, à l’espace des Blancs-Manteaux (Paris IVe) a drainé une foule nombreuse en partie issue de la mouvance libertaire « culturelle », que nous espérons retrouver tout aussi investie dans les luttes en cours. L’ensemble de notre matériel (livres, DVD, brochures, affiches, autocollants) était disponible, ainsi que des tracts d’actualité sur la lutte des sans-papiers. Une caisse de solidarité alimentée principalement par les dons pour les autocollants d’AL à permis de récolter 80 euros. Nous avons également vendu le tee-shirt de soutien à cette lutte (dessin de Tardi). Le stock est parti en quelques heures.

Un site web unitaire (www.mai68-libertaire.org) recensait les initiatives du mouvement libertaire autour de Mai 68.

Enfin, le 18 juin, au squat l’Atoll-13, le Collectif anti-libéral du XIIIe organisait, avec la participation d’organisations politiques (dont AL) et du mouvement social et syndical de l’arrondissement, la projection d’un film tourné en juin 1968 sur le comité d’action du XIIIe. Près d’une centaine de personnes, dont des militantes et des militants présents à l’écran ont assisté à la projection et au débat.

En dehors de Paris, des initiatives similaires ont été référencées dans une trentaine de villes. Ces événements s’étalaient sur une soirée, une journée ou sur plusieurs jours comme à Lille, Orléans, Saint-Nazaire ou Rouen. A Vendôme, AL participait à la Fête des Moutons noirs, organisée par ATTAC, centrée cette année sur Mai 68. Cette fête a connu une participation modeste mais a permis à nos camarades de se faire connaître et de rencontrer les organisations du vendômois. Des initiatives ont également eu lieu à Angers et à Aurillac, où AL organisait une projection-débat avec la CGA du Cantal, qui a rassemblé une vingtaine de participants et participantes.

G. Mariman et C. Garnier (AL Paris Sud)

 
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