Universités : IIIe Congrès de la fédération SUD-Etudiants

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Les 24, 25, 26 octobre derniers s’est tenu le IIIe congrès de la fédération des syndicats Sud Étudiant. L’occasion de faire le point sur l’état de cette fédération et de son implantation dans les universités.

Après le congrès du Havre en 2001, la fédération des syndicats SUD Étudiant comptait une quinzaine de syndicats locaux. Aujourd’hui, le syndicat a doublé ses effectifs puisque qu’une trentaine de sections locales étaient représentées par une centaine de délégué(e)s mandaté(e)s.

Le congrès s’est ouvert avec l’intervention de représentant(e)s de SUD Éducation, de l’Union syndicale Solidaires, de la CGT jeunes, de l’UNEF, de la FSE (Fédération syndicale étudiante) et de la Confédération paysanne. Le congrès s’articulait autour de différents thèmes : la professionnalisation, l’altermondialisme, l’antifascisme, l’antisexisme, etc.

Toutes ces réflexions restent ancrées dans une perspective de rupture radicale avec le capitalisme. Face au syndicalisme proposé par l’UNEF qui, par ses pratiques et ses orientations d’accompagnement, est un véritable frein au développement de luttes étudiantes et de mouvements d’ampleur nationale, les militant(e)s de SUD Étudiant estiment qu’il est de leur responsabilité de constituer un pôle syndical de radicalité, refusant tout compromis avec des gouvernements de droite ou de gauche qui ne font que poursuivre le démantèlement des services publics et persistent à enfoncer toujours un peu plus les étudiant(e)s, les travailleur(se)s et les chômeur(se)s dans la précarité.

Nous ne serons jamais de la chair à patron

Sous les directives du MEDEF, Ferry poursuit la politique de casse du service public d’éducation, comme l’avaient fait ses « brillants » prédécesseurs. Le manque de personnel est criant, les budgets sont insuffisants pour faire fonctionner les facs, et l’aide sociale inadaptée à la grande précarité étudiante. Les entreprises exercent des pressions sur le contenu des formations (licence pro, master adapté au bassin d’emploi). Sous couvert d’une mobilité accrue pour les étudiant(e)s européen(ne)s, le gouvernement, avec la bénédiction du Medef, casse le cadre national des diplômes grâce aux ECTS (European Transfert Credit System) et augmente la sélection à l’université avec le système 3/5/8. Les patrons profitent aussi des étudiant(e)s qui ont souvent recours au travail précaire pour financer leurs études.

La suppression des postes de surveillant(e)s et d’aides-éducateurs(trices) ne fait qu’accentuer cette précarité. Pour défendre les intérêts des travailleur(se)s en formation et s’opposer au libéralisme, seule la lutte peut changer la donne. C’est dans cette optique que, depuis plusieurs semaines, dans plusieurs universités (Rennes, Perpignan, Nantes, Brest, Paris...), des milliers d’étudiant(e)s se mettent en grève et refusent les réformes que l’on veut leur imposer.

Convergences et autonomie

Si SUD Étudiant prend toute sa place dans les mouvements contre le démantèlement du service public d’éducation, il paraît fondamental de développer les luttes aux côtés des salarié(e)s victimes des attaques gouvernementales et patronales. La spécificité de SUD Étudiant face aux autres structures étudiantes est la volonté de développer des luttes avec le monde du travail auquel des dizaines de milliers d’étudiant(e)s sont déjà confronté(e)s. Les nombreux débats qui ont traversé la fédération des syndicats SUD Étudiant l’ont amenée à développer l’idée d’un salaire socialisé. Face à l’accumulation des richesses au profit de quelques-uns, il faut inverser la tendance.

Ce sont les travailleur(se)s qui produisent les richesses et elles doivent donc leur revenir directement sous la forme d’un salaire financé par des cotisations sociales et non sous la forme d’un revenu issu de la fiscalité. Cette revendication met donc hors de propos l’idée d’une taxe défendue par certaines organisations. Enfin, reconnaître les situations de non-travail permet de ne pas réduire l’individu à sa place dans les rapports de production.

Durant le congrès, les participant(e)s ont également rappelé leur attachement à l’autonomie du mouvement social, et la nécessité de l’action et de l’engagement pour une autre université et pour une autre société.

Julien (AL Tours)

 
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