Février 2005

Changer l’école, changer la société

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Après la vague de protestation qui a agité la France entière (près de 100.000 lycéens sur tous le pays dont 40.000 à Paris), Fillon fait mine de reculer en acceptant de négocier avec certains syndicats lycéens. La focalisation sur la réforme du bac arrange largement le gouvernement, prêt à céder sur ce point… pour mieux faire passer le reste de la réforme.

Ce « recul » n’a d’autre but que d’affaiblir le mouvement, si ce n’est l’anéantir. Premièrement ce monsieur Fillon n’accepte pas de négocier sur la globalité de la réforme, à savoir : collaboration entre les flics et les bahuts, orientation (par le choix des options ) dès la classe de cinquième, orientation des élèves en fonction des besoins des entreprises du coin, suppression de la deuxième option obligatoire à l’entrée en classe de seconde, mais seulement sur la partie concernant le contrôle continu du bac.

Deuxièmement il se laisserait deux mois pour « réfléchir » à la mise en place de sa réforme. Etrangement, il ne proposera son nouveau projet qu’avant les épreuves du bac, faisant ainsi taire la contestation de dizaines de millier de lycéen(ne)s. La grève générale des lycées et la convergence des luttes avec celles des profs et des étudiant(e)s, touchés par des réformes similaires, restent le seul moyen de faire plier le gouvernement.

Pour vaincre, soyons vigilants !

En effet, les meilleures alliées de Fillon sont les tentatives de récupération de l’énorme mouvement lycéen qui fait trembler le gouvernement et fantasmer quelques partis politiques et syndicats. Les lycéen(ne)s doivent être maîtres de leurs vies comme de leur mouvement, afin de mener la lutte comme ils l’entendent, et surtout de gagner face a un gouvernement dont l’inégalité est le principe.

Pour cela, l’auto-organisation du mouvement (via les Assemblées Générales, qui seules peuvent prendre les décisions, par la démocratie directe, et auxquelles tou-te-s les lycéen-ne-s peuvent participer), est primordiale. L’autogestion du mouvement garantit à la fois l’unité des lycéen(ne)s et la liberté d’action de chaque lycée.

Pour une école libertaire !

L’école que nous voulons est une école libre et égalitaire, où chacun peut apprendre ce qui lui plaît, pour enrichir ses connaissances, pas pour servir les patrons et le capitalisme. L’école doit accompagner l’enfant dans sa découverte du monde, développer sa curiosité, son esprit critique, son indépendance.

Refusons les hiérarchies et les rapports de domination, gérons nous-mêmes l’établissement qui est le nôtre, enrichissons nos connaissances au lieu d’en ingurgiter jusqu’à n’en plus pouvoir. Cette école que nous voulons est une école libérée des contraintes liberticides du capitalisme, à l’image de la société dans la quelle nous voulons vivre : ni capitalisme pour nous exploiter, ni État pour nous asservir, mais l’autogestion dans une société libertaire !

Clash n°11 (février 2005)
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