Syndicalisme

Deux victoires pour l’agriculture paysanne

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Les paysans marquent des points : dans la Somme contre le projet industriel intitulé « ferme des Mille-Vaches » ; dans tout le pays, en empêchant la légalisation du racket sur les semences. Décidément, le changement de ton, lors du dernier congrès de la Confédération paysanne, s’avère payant. Ça suffit de cirer les pompes des socialos !

Après ses discours plein de bonnes intentions sur l’agro-écologie, le ministre de l’Agriculture, Le Foll, a démontré, dans la pratique, qu’il soutenait l’agriculture industrielle. La Confédération paysanne, mise devant le fait accompli à chaque « négociation », a décidé d’une stratégie plus offensive. Cela lui a permis de limiter la casse lors des négociations sur l’application de la future Politique agricole commune. Mais surtout d’obtenir des victoires syndicales.

Les Mille-Vaches à la poubelle

Le syndicat vient de gagner, dans la Somme, son combat contre la ferme des Mille-Vaches. Le projet de Michel Ramery – entrepreneur de BTP – était de construire une usine à vaches hors sol avec un gros projet de méthanisation.

Après une forte mobilisation et plusieurs actions coup de poing, la Conf’ a eu la confirmation, le 23 janvier, de l’arrêt des travaux et de la démolition des bâtiments illégaux.

La ferme des Mille-Vaches est la preuve par A+B que l’agriculture industrielle et l’agriculture paysanne sont incompatibles, l’une étant prédatrice de l’autre. Ramery voulait vendre le lait en dessous du prix du marché (à 270 euros les 1.000 litres, alors que le cours est actuellement autour de 350 euros les 1.000 litres). Cela allait entraîner une baisse des cours et encore plus difficultés pour les petites fermes. Mais pour lui, l’avenir, c’est de vendre à ce prix, les autres n’ont qu’à suivre. Il était donc d’utilité publique, pour la survie de nombreux éleveurs, de stopper ce projet.

Les semences de ferme ne sont pas des sacs à main !

L’actuelle proposition de loi de lutte contre les contrefaçons comprenait un volet agricole. Il considérait comme contrefacteur tout paysan qui utilisait ses propres semences, au lieu de les acheter à un semencier ! Une forte mobilisation a été menée conte ce projet de rendre le racket obligatoire.

Le 21 janvier, une centaine de paysannes et de paysans ont envahi les locaux du Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS) pour dénoncer cette atteinte au métier même de paysan. Finalement, le 5 février, les députés ont dû voter un amendement qui stipule que « l’utilisation de semences de ferme ne constitue pas une contrefaçon ».

C’est un premier pas dans la reconnaissance du droit à réutiliser ses semences – ce que font les paysans depuis l’origine de l’agriculture, soit dit en passant. Cela signifie que la répression envisagée (intervention de la douane, saisie et destruction de récolte) est abandonnée.

Il reste encore à se bagarrer pour que le droit de faire ses propres semences redevienne entier. La Confédération Paysanne a mis une fourche dans la porte, il faut maintenant faire levier pour remporter d’autres victoires.

L’expérience montre que c’est en étant offensif que l’on gagne et pas en sortant la boîte de cirage.

Georges Claas (AL Var)

 
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