Québec : Briser la spirale de l’austérité

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Le gouvernement provincial mène une politique libérale de casse des acquis et favorise les multinationales. Face à cela, le mouvement social québecois réagit.

Le gouvernement libéral du Québec fait de la destruction des acquis sociaux sa priorité. L’austérité, rien d’autre que les mesures néolibérales à vitesse grand V, est le cap choisi par le Premier Sinistre et sa bande. Coupures draconiennes dans l’éducation, la santé, les services de garderie, le financement des groupes communautaires, associatifs et de quartier, tout y passe.

Toutefois, il reste toujours des deniers publics pour les multinationales. C’est ainsi que plusieurs milliards de dollars sont et seront investis dans le projet du Plan Nord (un vaste projet d’extractivisme dans les territoires nordiques). Les sociétés minières vont bénéficier d’infrastructures de transport et de subventions octroyées à même les fonds publics. C’est aussi le gouvernement qui doit assumer la facture pour la décontamination des sites miniers déjà exploités. À ­cette date, la somme atteint 1,2 milliard de dollars canadiens (1,12 milliard d’euros).

Comble de la supercherie, le Plan Nord vise un territoire qui appartient aux Premières Nations : les Cree, Inuits, Atikamekw, Anishinabeg et Innus. Ces dernières n’ont jamais cédé leurs terres. Le projet se fait donc sur des terres volées. Le message est clair : le gouvernement préfère opter pour une économie extractiviste destructrice de notre environnement et de nos vies, plutôt que de financer les services publics et les programmes sociaux. Après plus de quatre cents ans de colonialisme, les rapports de l’État s’inscrivent toujours dans une seule et même dynamique d’exploitation.

Devant un tel constat, les milieux étudiants, féministes, syndicaux et communautaires se mobilisent pour mener une guerre au gouvernement, principale figure de l’application des stratagèmes néolibéraux.

Le mouvement étudiant a entamé la marche dès ce printemps. Plusieurs dizaines de milliers d’étudiants et étudiantes sont présentement en grève afin de protester contre les mesures d’austérité mises en place. De multiples syndicats et groupes communautaires se sont déjà dotés de mandats de grève sociale d’une journée pour le 1er Mai [1] .

Créer l’autonomie

En parallèle de ce mouvement de masse, il nous semble nécessaire de créer nos espaces d’autonomie à travers nos milieux de vie (quartiers, lieux de travail et d’apprentissage, etc.). La lutte actuelle qui est menée au ­Québec ne peut se limiter à viser la préservation des réformes modernisatrices de la Révolution tranquille (années 1960). Il n’y a point de salut dans le capitalisme. Nous ne pouvons plus nous contenter de simplement ralentir l’inévitable destruction de nos acquis à l’intérieur du système.

Localement, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, nous multiplions les distributions de nourriture, les marchés gratuits et les occupations de terrains vagues, tout en participant au mouvement social en cours. Nous tentons au jour le jour de créer des espaces d’autonomie qui fassent figure de contre-pouvoir au système.

Collectif anarchiste Emma Goldman (Saguenay, Québec)

[1Certains groupes ont voté pour plusieurs journées de grève.

 
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